De première nécessité

Avec la crise sanitaire que nous vivons actuellement des mots sont devenus plus courant dans notre langage au quotidien comme par exemple : « confinement », « déconfinement », « cas-contact », « distanciation social/physique », « présentiel » et « distanciel ». D’ailleurs, nous sommes actuellement en train de vivre notre culte en distanciel, c’est-à-dire en ligne (enregistré).

Dernièrement, vous avez sans doute aussi entendu le mot « produit de première nécessité ». En effet, aujourd’hui nous devons faire la distinction entre les produits considérés comme « essentiels » et les « non-essentiels ». Les produits alimentaires, hygiéniques, mais aussi informatiques et électriques sont des « produits essentiels » ou « de première nécessité ». Ils peuvent donc être vendus librement dans les grandes surfaces

En préparant ce message sur un texte de l’évangile de Luc, j’ai trouvé que le groupe de mot « de première nécessité » constituerait un bon titre. D’une part, par ce qu’il fait écho à la situation inédite que nous vivons maintenant depuis mars 2020, et surtout par ce qu’il décrit assez bien l’idée principale du passage de nous allons étudier ensemble ce matin, en distanciel donc.

Il y a deux semaines, le dimanche 1er novembre, avec Brigitte nous avons parlé des deux Lazare. Nous avons notamment suivi le cheminement de Marthe, la sœur de Marie et de Lazare le ressuscité. Ce matin, je vous propose d’étudier l’un des trois textes bibliques qui parle de cette fratrie chère à notre Seigneur : « Or, Jésus aimait Marthe, sa sœur et Lazare. » (Jean 11v5 – SG21). Le passage de ce matin se trouve dans l’évangile de Luc 10v38-42.

38 Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme du nom de Marthe l’accueillit dans sa maison. 

39 Elle avait une sœur appelée Marie, qui s’assit aux pieds de Jésus et écoutait ce qu’il disait. 

40 Marthe était affairée aux nombreuses tâches du service. Elle survint et dit : 

« Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de venir m’aider. » 

41 Jésus lui répondit : 

« Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, 42 mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Marthe accueille Jésus

Marthe, Marie et Lazare habitent à Béthanie en Judée :

« Il y avait un homme malade ; c’était Lazare de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe. » (Jean 11v1 – SG21)

« Béthanie était près de Jérusalem, à moins de trois kilomètres, et beaucoup de Juifs étaient venus chez Marthe et Marie pour les consoler de la mort de leur frère. » (Jean 11v18-19 – SG21)

Je parlais de grande surface tout à l’heure, et bien trois kilomètres c’est exactement la distance qui sépare notre temple du Centre Commercial de Chauconin-Neufmontiers. D’après Google Maps, il nous faudrait environ 35 min pour faire le trajet à pieds (7 min en voiture).

Jésus et ses disciples venaient sans doute de Jérusalem où ils se rendaient souvent. Ils avaient donc un trajet d’un peu moins de 35 minutes à parcourir. Ils étaient souvent sur les routes et sont originaires de la région de Galilée, au Nord d’Israël.

Dans notre texte, Marie est assise comme lorsque Jésus arrivera à Béthanie pour la résurrection de Lazare : « Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. » (Jean 11v20 – SG21). On voit une Marthe fidèle à elle-même : toujours dans l’action !

Dans Luc, Marie n’est pas assise n’importe où ; elle est aux pieds de Jésus. Comme dans les deux autres épisodes dans l’évangile de Jean : 

« Marie arriva à l’endroit où était Jésus. Quand elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » » (Jean 11v32 – SG21

« Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie où était Lazare qu’il avait ressuscité. Là, on lui offrit un repas ; Marthe servait et Lazare était parmi ceux qui se trouvaient à table avec lui. Marie prit un demi-litre d’un parfum de nard pur très cher, en versa sur les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux » (Jean 12v1 – SG21)

Dans dernier passage, Marthe est toujours en action : « elle servait ».

Ici dans Luc, Marie semble un peu plus passive, mais elle est à l’écoute. Elle ne parle pas dans ce passage. En tout cas Luc ne rapporte pas ces mots.

Marie nous semble passive par rapport à sa sœur qui est active, voir hyperactive. Marie est assise aux pieds de Jésus tandis que Marthe sert les convives.

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Marthe, Marthe...

Ils sont surement au moins au nombre de 13 personnes, Jésus plus les Douze. Ils ont marché jusqu’à Béthanie. Ils ont sans doute besoins de boire, et peut-être de manger : vous savez ces produits alimentaires de première nécessité. 

Debout et active, comme toujours, Marthe fait seule face aux nombreuses tâches du service. Elle sert au moins 15 personnes au total, si on inclut Lazare. Marthe est débordée et dépassée, peut-être même fatiguée par cette lourde tâche. 

Elle appelle à l’aide. Elle s’adresse à Jésus et lui demande d’intervenir face à une injustice manifeste : sa sœur la laisse seule pour servir. Sa requête est teintée d’un léger reproche : Jésus ne semble pas s’en soucier.

Elle adresse donc une demande au Seigneur, elle le prie d’agir. La solution au problème, qu’elle suggère elle-même, est la suivante : qu’il dise à Marie de venir l’aider. Une solution tout à fait logique : car si Marie vient l’aider, elle ne sera plus seule, elles pourront ainsi se répartir les tâches. Marthe serait alors soulagée. Elle est tout à fait cohérente à vue humaine…

Comme bien souvent, la réponse du Seigneur nous prend à contre-pied. En effet, Jésus dépasse toujours nos considérations souvent matérialistes comme dans cet autre passage de Luc : 

 » Du milieu de la foule, quelqu’un dit à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager notre héritage avec moi. » Jésus lui répondit : « Qui m’a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? » Puis il leur dit : « Gardez-vous avec soin de toute soif de posséder, car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, même s’il est dans l’abondance. » Il leur dit cette parabole : « Les terres d’un homme riche avaient beaucoup rapporté… » (Luc 12v13-16 – SG21)

En effet, le problème de Marthe semble être purement matérielle et temporel. À première vue, Jésus ne semble pas répondre à la question posée, ni à la requête… Comme à son habitude, il va directement à l’essentiel. Il va droit au but. Mais pour cela, il lui faut capter l’attention de Marthe.

En effet, Marthe a bien le nez dans son guidon. Comme pour l’extirper de sa cuisine, l’extraire de cette réalité matérielle, Jésus va l’appeler deux fois par son prénom : “Marthe, Marthe,”. Comme pour lui signifier : “Marthe ce que j’ai à te dire est très important”. Cela nous rappelle, le “en vérité, en vérité, je vous le dis”, toujours annociateur d’une vérité essentielle. 

Aussi, la scène qui se déroule sous les yeux de Marie, ressemble un peu à ce qui est arrivé à une autre Marie. Cette dernière a également été témoin d’une résurrection. Marie de Magdala est au tombeau, elle cherche le corps de son Seigneur Jésus (Jean 20v15-16 – SG21) : 

« Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Pensant que c’était le jardinier, elle lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis et j’irai le prendre. » Jésus lui dit : « Marie ! » Elle se retourna et lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire maître.« 

Malgré son émotion, Marie de Magdala, tout comme Marthe, avait bien les pieds sur terre : elle pensait que c’était le jardinier… Face à celui qui est la Résurrection et la Vie, elle finit par reconnaître son « Rabbouni », c’est à dire son « Maître ». Rabbouni est un titre d’honneur qui peut vouloir dire maître, chef ou prince. Sur ce dernier mot, Pierre dira plus tard dans Actes : « vous avez fait mourir le Prince de la vie que Dieu a ressuscité, nous en sommes témoins. » (Actes 3v15). Marie de Magdala est le premier témoin. Au début, elle avait aussi la tête dans son guidon de tristesse. Jésus a dû également l’extirper de sa réalité matérielle en l’interpellant une seule fois avec autorité par son prénom : « Marie»

Ici pour Marthe, dans notre texte, c’est par deux fois que Jésus l’interpelle : Marthe, Marthe… Il veut l’extirper de sa cuisine, l’extraire de cette réalité matérielle car il a quelque chose de cruciale à lui dire.

Une SEULE chose est nécessaire

Marthe, Marthe, tu t’inquiètes » (traduction de « merimnao » que l’on retouve dans le “ne vous inquiétez pas…” de Matthieu 6v31-34 – SG21) « et tu t’agites » (traduction de « turbazo »  : qui signifie « être perturbé« , « être troublé dans son esprit« , aussi traduit par « tu te tourmente » dans la version Darby)

Marthe est seule face à beaucoup de choses à faire elle se tourmente pour beaucoup de choses. Jésus se place sur un autre plan. Le Seigneur, qui voit dans les cœurs, sait qu’elle n’est pas tranquille. Bien évidemment Jésus se soucie de Marthe, mais pas comme elle le pense où le voudrait. Il s’intéresse plutôt à ce qu’elle vit intérieurement.

Ce dont elle a réellement besoin ce n’est pas de l’aide de sa sœur. Elle a besoin d’être apaisé dans son esprit. Oui, Jésus se place sur le plan spirituel. Le verset suivant appuie cette analyse : pour beaucoup de choses, mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera pas enlevée.

Face aux « nombreuses » (tâches) et aux « beaucoup » (de choses), avec le « mais » Jésus oppose « une SEULE chose ». Cette seule chose est vraiment nécessaire. Face à tant de choses à se préoccuper, une seule est vraiment : essentielle, fondamentale, importante, indispensable, primordiale, cruciale, vitale…

Marie est assise aux pieds de Jésus. Elle est à l’écoute de son maître, celui qui enseigne les réalités célestes. Elle est sur le plan spirituel. Elle est en train de nourrir son âme. Son esprit est apaisé. Elle n’est pas occupée, ni même préoccupé. Elle est centrée et concentrée sur la seule chose de vraiment importante : écouter Jésus-Christ.

Elle a choisi d’écouter Jésus plutôt que de le servir. Marie a les yeux tournés vers le ciel. Comment Jésus pourrait-il lui dire d’aller aider sa sœur, lui qui a dit : « le ciel et la terre disparaîtront, mais mes paroles ne disparaîtront pas. » (Mar 13v31 – SG21). En effet, l’action de Jésus n’a pas une portée matérielle et temporelle. Mais sa mission est d’ordre spirituelle et éternelle : « Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera pas enlevée”. Ce que Marie a reçu est très précieux. Elle l’a reçu pour l’éternité.

Marthe et Marie ont deux postures très différentes : l’une est debout, active, très occupée et peut-être même préoccupée. C’est Marthe qui est sur le plan matériel et temporel : face à tant de choses à s’occuper, Marthe se sent seule et dépassée. L’autre est assise, elle semble être passive, mais elle est centrée et concentrée sur la seule chose de vraiment essentielle, c’est à dire : écouter Jésus. Marie est sur le plan spirituel et éternel.

Conclusion

Cette courte histoire a beaucoup à nous apprendre… 

Les réalités matérielles et temporelles ne sont pas mauvaises, mais elles peuvent parfois nous absorber au point nous inquiéter. 

Norsque nous prions, nous ne mettons pas Dieu au courant d’une situation qu’il ne connaîtrait pas. Dieu connaît nos besoins avant que nous le lui demandions : Ne vous inquiétez donc pas et ne dites pas : ‘Que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? Avec quoi nous habillerons-nous ?’ 32 En effet, tout cela, ce sont les membres des autres peuples qui le recherchent. Or, votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Recherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné en plus. 34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain prendra soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. (Matthieu 6v31-34 – SG21) 

Comme Marie, nous avons absolument besoin de nous centrer et de nous concentrer sur la seule chose de vraiment essentielle, c’est à dire : écouter Jésus. Le faire, c’est se placer sur le plan spirituel et éternel. Pour cela nous n’avons qu’à ouvrir nos bibles. « Tu veux entendre Dieu parler ? Lis ta Bible à voix haute ! » a dit John Piper. C’est tellement vrai !

Aujourd’hui, nous vivons une situation inédite propice à la peur, à l’angoisse, à l’inquiétude, à de l’agitation, au désespoir… Peut-être même que certains d’entre nous sont actuellement seuls face à une situation de détresse ? Une montagne ? Une situation qui les dépasse ? Dans la famille, le travail, la santé…

« Nous pouvons réussir à ignorer le plaisir. Mais la douleur exige qu’on s’occupe d’elle, et elle insiste. Dieu nous chuchote dans nos plaisirs, il nous parle dans notre conscience, mais il crie dans nos douleurs : c’est son mégaphone pour réveiller un monde sourd. » C. S. Lewis

Parfois, nous avons bien le nez dans notre guidon. Dans sa grâce, Dieu crie pour nous extirper de cette réalité matérielle et nous inviter à changer de plan. Pour cela nous devons nous asseoir au pieds de Jésus, l’écouter pour nourrir notre âme et fortifier notre foi. Laissons-nous instruire par lui, comme Marie, mettons-nous à son école :

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et courbés sous un fardeau, et je vous donnerai du repos. Acceptez mes exigences et laissez-vous instruire par moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. (Matthieu 11v28-30 – SG21).

14 Ce qui est tombé parmi les ronces, ce sont ceux qui ont entendu la parole, mais en cours de route ils la laissent étouffer par les préoccupations, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne parviennent pas à maturité. 15Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui ont entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent et portent du fruit avec persévérance.16 » Personne n’allume une lampe pour la couvrir d’un vase ou la mettre sous un lit, mais il la met sur un support, afin que ceux qui entrent voient la lumière. 17 Il n’y a en effet rien de caché qui ne doive être mis en lumière, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour. 18Faites donc bien attention à la manière dont vous écoutez, car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on enlèvera même ce qu’il croit avoir. » (Luc 8v14-18 – SG21)

Quand le Semeur de terrain parle, c’est important, essentiel, fondamental, indispensable et vital d’écouter ! Mettons-nous à son école et écoutons-le avec un cœur honnête et bon car sa parole est de première nécessité.

Que le Seigneur nous aide dans nos choix de priorités, afin que nous puissions toujours « choisir la bonne part, celle qui ne nous sera jamais enlevée. » 

Amen. 

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