Je puis tout par Christ qui me fortifie

La rentrée est là et les occupations habituelles reprennent.

Le temps de repos s’est achevé et le travail, la scolarité, les affaires courantes apportent leur lot de préoccupations.

Les problèmes sociaux ou géopolitiques avaient été mis entre parenthèse mais la rentrée gouvernementale nous rappelle que des changements et quelques augmentations, voire des pénuries, vont faire les gros titres des informations.

Philippiens 4 : 13-23

13 Je puis tout par celui qui me fortifie. 14 Cependant vous avez bien fait de prendre part à ma détresse. 15 Vous le savez vous-mêmes, Philippiens, au commencement de la prédication de l’Évangile, lorsque je partis de la Macédoine, aucune Église n’entra en compte avec moi pour ce qu’elle donnait et recevait; (4:16) vous fûtes les seuls à le faire, 16 car vous m’envoyâtes déjà à Thessalonique, et à deux reprises, de quoi pourvoir à mes besoins. 17 Ce n’est pas que je recherche les dons; mais je recherche le fruit qui abonde pour votre compte. 18 J’ai tout reçu, et je suis dans l’abondance; j’ai été comblé de biens, en recevant par Épaphrodite ce qui vient de vous comme un parfum de bonne odeur, un sacrifice que Dieu accepte, et qui lui est agréable. 19 Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. 20 A notre Dieu et Père soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen ! 21 Saluez tous les saints en Jésus-Christ. Les frères qui sont avec moi vous saluent. 22 Tous les saints vous saluent, et principalement ceux de la maison de César. 23 Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit !

Pourtant, le repos de Dieu est toujours présent et accessible à toute heure du jour et de la nuit. Notre Dieu ne dort ni ne veille comme il avait été dit lors de notre dernière rencontre en juillet.

Si nous sommes enfants de Dieu, des « opportunités » vont s’offrir à nous, mais, bien évidemment, pas des opportunités guidées par la cupidité ou l’orgueil, mais celles guidées par la grâce de Dieu, celles préparées d’avance pour tout enfant de Dieu.

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Comme le dit l’apôtre Paul « Je puis tout par Christ qui me fortifie. » 

Mais que signifie que ce « je puis tout » ?

Tout, en grec, se dit « panta », c’est-à-dire que cette expression ne souffre aucune exception.

Quelle compréhension avoir de ce verset ? Et comment dès lors le mettre en pratique dans notre vie de tous les jours ?

N’oublions jamais qu’un verset ne peut être compris et utilisé hors de son contexte.

Or, trop souvent, ce verset est utilisé en dehors de son contexte.

Prenons quelques exemples.

Quelqu’un va passer un entretien d’embauche ou un examen ? Qu’il se rappelle « Je puis tout par Christ qui me fortifie. » 

Quelqu’un est découragé par l’échec dans sa vie professionnelle, amicale ou sentimentale ? Qu’il ne perde pas espoir et se rappelle « Je puis tout par Christ qui me fortifie. » 

Quelqu’un a un projet pour le Seigneur, un rêve qu’il souhaite accomplir et qui semble impossible à réaliser ? Qu’il se rappelle « Je puis tout par Christ qui me fortifie. » 

Mais … que se passe-t-il si l‘entretien d’embauche ou l’examen, si la vie professionnelle, amicale ou sentimentale, si les projets, si tout cela se solde par un échec ?

Le personne a-t-elle manqué de foi ? Ou bien, Dieu n’est pas aussi puissant que cela ? Ou bien, il ne m’a pas assez fortifié ?

Toutes ces attentes n’étaient, en fait, pas fondées sur la réalité, sur la vérité, sur la compréhension de la Parole de Dieu. Pourquoi ? Parce que ce verset a été « utilisé » selon le bon vouloir de la personne et totalement hors contexte !

Aussi, ce matin, remettons ensemble ce verset, en vérité très puissant, dans son contexte.

La première question à se poser est de savoir quelle est la situation de l’Apôtre Paul lorsqu’il écrit l’épître aux philippiens.

Le moins que l’on puisse dire est qu’il est dans une situation que nul n’envie. Il est trahi, abandonné par ceux qui étaient à ses côtés, il est de surcroit en prison, probablement entre la vie et la mort, comme semble l’indiquer les versets 20 à 26 du premier chapitre. De plus, il est dans une détresse physique.

Pourtant, Paul ajoute « Cependant, vous avez bien fait de prendre part à ma détresse » v.14. Le don des Philippiens est arrivé au moment opportun car il est passé par des moments très difficiles, dans la pauvreté et le besoin. v.12

Cela n’empêche pas Paul d’affirmer « Je puis tout par Christ qui me fortifie. » 

Au milieu de la détresse, de l’abandon, des souffrances physiques, de la trahison et de la pauvreté, Paul déclare « Je puis tout par Christ qui me fortifie. » 

Il est donc clair que ce verset n’est pas écrit dans le but de croire que toute personne peut tout par Christ qui le fortifie pour accéder à ses désirs, ses ambitions, ses attentes.

De proclamer ce verset n’est pas non plus une formule « magique » qui ouvrirait les portes à l’accomplissement de notre volonté.

Paul proclame qu’il peut tout par Christ qui le fortifie au milieu des épreuves qui ne disparaissent pas pour autant.

Paul a-t-il pu briser ses chaînes ? A-t-il pu sortir de prison ? A-t-il été rendu invulnérable dans la chair ?

Lorsque Paul écrit aux philippiens pour les remercier de leur don et leur dire qu’il est dans la joie, mais Paul désire clarifier son propos afin de ne pas être mal compris. Ce n’est pas le don, l’aspect financier qui le réjouit, comme si avoir de l’argent était un but.

Il veut qu’ils sachent qu’il a appris à être « satisfait » en toutes circonstances. Dans l’abondance ou le dénuement, l’accueil ou le rejet, dans la satiété ou la faim, l’acceptation ou l’humiliation. Il a appris à être content de l’état dans lequel il se trouve.

De même, il faut saisir le sens que Paul donne à cette phrase « Je puis tout par Christ qui me fortifie. » 

Ce verset  est la conséquence logique de tout ce qu’il vit. En effet, il peut tout vivre en Christ, c’est-à-dire qu’il peut surmonter toutes les situations qui se présentent à lui. Que les circonstances changent ou non, son contentement et sa satisfaction en Christ ne varient pas.

Il faut reconnaître la beauté de la lettre aux Philippiens car elle révèle la passion suprême de l’apôtre, elle révèle ce qui guide sa vie et motive tous ses choix : Christ lui-même.

Paul ne se contente pas de dire que Christ est sa vie « car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. » Phi1.21 Il dit et vit ce qu’il dit.

Lorsque Paul dit « ayez-en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ » Ph2.5, il le dit car il le vit et demande aux philippiens de le vivre aussi. Et comment cela est-il possible ? Parce que c’est Christ qui fortifie le chrétien et le conduit à mettre sa Parole en pratique. Paul met la Parole en pratique car il est en Christ. Chaque chrétien qui vit en Christ chemine, avance, dans la Parole de Dieu, en Christ, afin de pratiquer sa Parole davantage jour après jour.

Ce que désire Paul est que Christ soit proclamé, mais pas seulement de la bouche, pas seulement avec des dires mais avec un vécu, une preuve visible qui dit que le chrétien est en Christ, fortifié par lui pour vivre selon la volonté de Dieu.

C’est ce que l’on pourrait appeler aussi le « quoi qu’il en coûte » que l’on entend souvent dans la bouche de certaines personnes qui ne touche pas un quelconque fardeau du petit doigt.

« C’est pour Christ que je suis dans les liens,  et la plupart des frères dans le Seigneur, encouragés par mes liens, ont plus d’assurance pour annoncer sans crainte la parole.» Ph1.13b-14

Paul a tout perdu dans ce monde volontairement pour revêtir Christ, quoi qu’il lui en ait coûté.

Tout comme le Christ s’est dépouillé lui-même en prenant la forme d’un serviteur dans l’humilité et l’obéissance jusqu’à  la croix Ph2.8, Paul à son tour se dépouille de tout son savoir de pharisien, de ses gains de sa notoriété, sa réputation, de Juif et de Romain à cause du Christ.

Et c’est ce qui lui fait dire « ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ … » Ph3.7-8

Le verset sur lequel nous méditons ce matin « Je puis tout par Christ qui me fortifie » prend dès lors une signification autre. Paul peut tout accepter car il laissé l’Esprit du Seigneur le transformer. En Christ, caché en Lui, il peut accomplir la seule volonté de son Seigneur qui le fortifie et le fait aller de l’avant pour la gloire de son nom.

C’est ce qu’il veut faire comprendre lorsqu’il dit « Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort » Ph1.20b Paul est prêt à laisser sa vie pour Christ et pour ceux qui s’attachent à Christ.  

Comme nous pouvons maintenant le percevoir, Ph4.13 n’est pas à utiliser pour satisfaire une attente personnelle.

Ce verset, transmis par Paul, montre quel attachement à Christ, quel renoncement, tout chrétien doit avoir pour revêtir Christ.

D’ailleurs, Christ ne nous a-t-il pas dit la même chose « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. » Lc9.23

Ainsi, « Je puis tout par Christ qui me fortifie » induit le renoncement de soi.

Si ce verset pouvait être écrit avec nos propres mots, à la lumière de la compréhension que Paul veut nous donner, serait-il possible d’écrire « parce que Christ me fortifie dans ma vie de chaque jour, parce que, en renonçant à moi-même, je laisse Christ prendre place en moi, se former en moi, parce que la vie nouvelle habite en moi, alors, je peux tout supporter, tout abandonner afin d’obtenir la couronne de la vie éternelle dans le Royaume éternel de Dieu. »

Cette version, très longue, a aussi été réécrite en transcription plus dynamique dans la « Parole vivante » qui dit « je peux tout dans la communion de Celui qui est la source de ma force ».

La communion avec Celui qui est la source qui procure la force donne de vivre une vie chrétienne solide.

Le prophète Esaïe, pour sa part, écrit «  C’est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force. » Es30.15

Paul dispose d’une armure, d’une vie spirituelle, toujours présente qui lui permet de faire face à toute situation, en toute circonstance. « Je puis tout par Christ qui me fortifie ». Paul demeure calme, dans le repos de Dieu, il a confiance en Celui qui le fortifie.

En aucun cas Paul n’abuse de son titre d’Apôtre ou de l’autorité qu’il a reçue du Seigneur. Mais en tout temps il cherche l’intégrité en Christ, en se mettant au service de l’Evangile.

La but de Paul est de ressembler à Christ, de revêtir Christ et seulement Christ, pour la gloire de son saint Nom.

Frères et sœurs, aujourd’hui, retenons que ce verset implique un renoncement à soi-même et une acceptation de la seigneurie de Jésus-Christ.

Ce verset n’est pas à citer pour se rassurer dans nos démarches ou nos désirs mais pour se laisser transformer par Christ davantage  chaque jour.

Donc, pour ceux qui croyaient que tout était possible et qu’ils ont échoué, il y a une bonne nouvelle, vous n’avez aucune culpabilité à avoir.

Et pour ceux qui croyaient que Christ devait honorer sa Parole selon leur compréhension, il n’y a pas de culpabilité à avoir non plus mais il faut recevoir la Parole de Dieu et se laisser transformer par elle.

De fait, nos vies doivent être centrées sur Jésus.

Ce verset, est aussi un verset qui nous met au défi.

Le défi, s’il est possible d’utiliser ce terme, est de savoir, d’une part, où nous en sommes avec Christ, et, d’autre part, savoir si nous voulons progresser avec, pour et en Christ.

La question qu’il convient de se poser est :dans quel « contentement » vivons-nous ? Désirons-nous toujours plus ? Sommes-nous des éternels insatisfaits ? Des insatiables ?

Nous pensons avoir besoin de tellement de choses pour être réellement comblés ! Apprenons  plutôt  à reconnaître que Christ est notre bien le plus précieux, que Christ est celui qui nous comble pleinement, et vers qui nous devons élever nos pensées, nos désirs, à chaque instant de nos journées.

C’est alors que nous pourrons affirmer avec l’apôtre que, peu importent les circonstances de nos vies, nous avons tout en Christ  et nous pourrons proclamer, comme Paul « Je puis tout par celui qui me fortifie. »

Paul a-t-il cédé au découragement, a-t-il baissé les bras et attendu des jours meilleurs ? Non, bien sûr, il a  continué la course et a gardé la foi.

Sa foi était totalement dépendante de son Seigneur, ce n’était pas une confiance qu’il plaçait en lui mais en Jésus qui le comblait en toute chose.

Certes, nous ne sommes pas des « Paul » mais ici, il est montré la foi qu’il faut avoir, foi donnée par Christ et que nous devons laisser grandir, que nous devons nourrir.

Ce verset nous questionne quant au but que nous poursuivons dans la vie. Paul répond pour sa part et dit « Je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus Christ. » Ph3.14

Si tel est le but de tout chrétien, il s’avère dès lors, que le reste devient fade,  insipide, inutile.

Frères et sœurs, comme nous l’enseigne l’Apôtre Paul, apprenons à faire confiance au Christ dans tous les domaines de nos vies.

Apprenons à mettre Christ au centre de nos vies et c’est seulement ainsi que ce verset prendra vie dans notre quotidien. C’est ce qui peut être souhaité à chacun d’entre nous pour cette rentrée ecclésiale, « Je puis tout par celui qui me fortifie. »

A Dieu soit toute la gloire,

Amen.

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