L’ami importun

Ce chapitre de Luc 11 commence par : « Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne nous à prier comme Jean l’a enseigné à ses disciples. »

Ce disciple doit avoir conscience que la prière qu’il fait, pourtant selon la Loi, n’est pas conséquente. Il observe Jésus en prière, et constate la différence entre sa prière et la prière de Jésus, sa communion avec Dieu et la communion de Jésus avec Dieu son Père.

Aussi, il demande à Jésus, tout comme Jean l’a fait avec ses disciples, de leur enseigner à prier.

Prier n’est pas naturel pour l’homme. La prière n’est pas spontanée. Ici, le disciple qui observe et écoute Jésus, sans l’interrompre bien évidemment, comprend que sa relation avec Dieu n’est pas vivante. Il doit donc apprendre car, maintenant, il sait, au fond de lui, qu’il doit prier autrement.

Et c’est aux pieds du Maître que les disciples vont apprendre à être en communion avec Dieu le Père.

5 Il leur dit encore: Si l’un de vous a un ami, et qu’il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire: Ami, prête-moi trois pains, 6 car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir, 7 et si, de l’intérieur de sa maison, cet ami lui répond: Ne m’importune pas, la porte est déjà fermée, mes enfants et moi nous sommes au lit, je ne puis me lever pour te donner des pains, 8 je vous le dis, même s’il ne se levait pas pour les lui donner parce que c’est son ami, il se lèverait à cause de son importunité et lui donnerait tout ce dont il a besoin. 9 Et moi, je vous dis: Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. 10 Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. 11 Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson? 12 Ou, s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion? 13 Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent.

La communion avec Dieu est donnée par grâce et c’est le Saint-Esprit qui conduit dans cette relation, c’est Jésus, qui, par sa Parole vivante enseigne et montre le chemin de la prière, de la vie nouvelle avec son Père.

La prière ne fait pas partie de l’inné chez l’être humain, aussi faut-il l’acquérir. Mais une fois acquise, il faut l’entretenir, c’est-à-dire être fidèle dans la prière, dans la relation avec Dieu le Père. Il s’agit donc de persévérer dans la prière qui donne accès à la présence de Dieu et de son amour.

La prière est vitale pour l’âme. Les Pères de l’Eglise ont dit que « la prière est la respiration de l’âme ».

Cela signifie qu’il faut se mettre à l’écoute d’une autre parole que la nôtre, d’une autre volonté que la nôtre.

La prière s’enracine dans la Parole de Dieu. Plus on prie, plus l’âme est libre, vivante et unie à Dieu. Celui qui respire vit et celui qui prie vit.

Autant dire que la croissance du chrétien dépend de sa vie de prière et de la lecture de la Parole de Dieu.

L’attitude du chrétien en prière est celle de la confiance, de la foi et de l’espérance. Lorsque le chrétien prie, il croit que ce qu’il demande lui sera accordé par Dieu si cela est dans sa volonté, d’où l’importance de connaître la volonté de Dieu.

Jésus va illustrer cette relation à Dieu son Père par une parabole.

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La parabole de l’ami importun

Qu’est-ce qu’un importun ? C’est une personne qui nous ennuie, qui nous dérange par son attitude et sa présence.

Avant d’illustrer « comment prier », Jésus donne à ses disciples un « modèle de prière ». Luc donne un condensé du « Notre Père » et ce, en trois  versets !

Il poursuit aussitôt  avec la parabole.

Dans le récit, un homme voit arriver, au beau milieu de la nuit, un ami. Aujourd’hui, il est improbable qu’un ami débarque en pleine nuit, il lui faudrait un motif solide! Mais à l’époque de Jésus, voyager était compliqué. Les horaires de départ et d’arrivée n’étaient pas affichés sur un tableau électronique!

De plus, dans ces contrées, le voyage de nuit était privilégié afin d’éviter la forte chaleur du jour. La Bible relate que les mages se sont déplacés de nuit et que Joseph et Marie ont fait de même lorsqu’ils se sont enfuis en Égypte avec l’enfant Jésus. (Mat 2.9-14)

Donc, un ami arrive de nuit. Son hôte est pris au dépourvu mais désire qu’un bon accueil lui soit fait. Malheureusement il ne lui reste plus de pain et au milieu de la nuit il est impossible de s’en procurer. Cependant, la loi de l’hospitalité veut qu’il accueille dignement son ami.

Il se résout alors à aller frapper à la porte de son ami qui habite près de chez lui et à travers la porte il lui dit « Ami prête-moi trois pains car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi et je n’ai rien à lui offrir ». La réponse de l’ami ne tarde pas, il dit « Ne m’importune pas, la porte est déjà fermée, mes enfants et moi nous sommes au lit, je ne puis me lever pour te donner des pains ».

Ici, l’amitié est mise à mal. La loi de l’hospitalité indiffére cet homme. Il veut être tranquille et dormir paisiblement avec sa famille. Il est vrai que les maisons de l’époque n’étaient pas configurées comme les nôtres. Il n’y avait qu’une pièce, sorte de grand « studio » où toute la famille vivait. Aussi, s’il se levait, il réveillait tout le monde.

Devant ce refus catégorique, notre hôte n’est pas déstabilisé. Il ne retourne pas chez lui dépité, non! Il persévère.

La persévérance paie

Le verset 8 est le verset clef de la parabole, l’idée maîtresse « je vous le dis, même s’il ne se levait pas pour les lui donner parce que c’est son ami, il se lèverait à cause de son importunité et lui donnerait tout ce dont il a besoin. »  

 Ici, deux termes sont mis en opposition « ami » et « importunité ». Là où l’amitié pourrait ne pas suffire, l’importunité peut obtenir gain de cause. Ici, Jésus montre qu’une réponse favorable est donnée à cause de la persévérance de l’hôte qui veut accueillir dignement son ami.

Pour le dire autrement, cela pourrait se traduire par ‘’ vous avez raison de penser que personne n’a parmi ses amis quelqu’un qui se comporterait de la sorte. Et même si vous en connaissiez un, celui-ci n’aurait pas d’autre choix que de vous rendre service lorsque vous faites preuve d’importunité.’’

La leçon principale de cette histoire tourne autour de ce mot ‘importunité’.

Jésus ne se contente pas de donner un enseignement à ses disciples sur la persévérance, comme s’il s’agissait d’une vertu en soi. Jésus veut aller plus loin en visant un but spirituel concret et important dans la vie du chrétien car Jésus veut que chacun ait une communion personnelle avec le Père dans la prière. 

La parabole est un « récit signifiant » qui induit un « mystère signifié » (phrase trouvée dans un livre).

La parabole met en scène un homme qui demande du pain avec une insistance et une obstination qui n’admet aucun refus. L’homme se montre importun avec son ami. Cette persévérance sans retenue est à nouveau mise en exergue dans le verset suivant « Et moi, je vous dis: Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. »

Les trois verbes utilisés sont à l’impératif « demandez », « cherchez », « frappez ». Ils décrivent une action soutenue, continuez à demander et vous recevrez. Continuez à chercher et vous trouverez. Continuez à  Frapper et on vous ouvrira.

Jésus donne un triple encouragement. Bien que quelquefois Dieu accorde rapidement ce qu’on lui demande, la plupart du temps, ce n’est pas ce qu’il advient. Jésus souligne donc le besoin dont tout chrétien a besoin : la persévérance.

Pourquoi cela? Tout simplement parce que Dieu veut que chacun de ses enfants aient confiance en lui, qu’ils apprennent la patience, la persévérance et qu’ils le servent aussi bien dans les moments faciles que les moments difficiles.

La Bible donne plusieurs exemples de personnes qui ont insisté, persévéré pour obtenir grâce devant Dieu.

  • Pensez à la femme cananéenne qui demanda à Jésus de guérir sa fille possédée. Et la réponse de Jésus a été « Je ne suis venu que pour les brebis perdues de la maison d’Israël. » La femme a-t-elle abandonnée? Non elle a persisté et a importuné le Seigneur à plusieurs reprises. Le Seigneur a exaucé sa demande et lui a dit « Femme, ta foi est grande; qu’il te soit fait comme tu veux. Et, à l’heure même, sa fille fut guérie. » (Mat 15 :21-28).
  • Pensez à Bartimée, le mendiant aveugle. Plus on cherchait à le faire taire, plus il criait fort « Fils de David Jésus aie pitié de moi » et Jésus finit par le guérir en lui disant « va, ta foi t’a sauvé » (Mc 10 :46-52).
  • Pensez aussi à l’apôtre Paul qui pria à trois reprises afin que son écharde dans la chair lui soit ôtée. La bénédiction pour Paul viendra après sa prière persistante. Il n’y aura pas de retrait de l’écharde, mais il obtiendra une croissance de la grâce de Dieu pour supporter l’écharde. Jésus lui a dit « Ma grâce te suffit car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Cor 12 :7-9).

Importuner Dieu

Quand bien même nos amis nous aideraient à cause de notre persistance, de notre importunité, à combien plus forte raison le Seigneur pourvoira t’Il à nos besoins si nous prions selon sa volonté. Le Seigneur sait ce dont nous avons besoin avant même que nous lui demandions (Mat 6 :8).

Quand nous nous approchons de Dieu, il nous faut savoir le faire avec persévérance, insistance, le solliciter sans retenue. Dans l’Evangile selon Matthieu, il est écrit « Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’emparent. » (Mat 11,12) Cela signifie que le Royaume fait irruption avec puissance dans l’histoire par la venue de Jésus et les miracles qui l’accompagnent. Les violents sont ceux qui s’emparent du Royaume avec la vigueur de la foi, et ce, sans attendre.

En fait, dans la prière, il faut oser importuner Dieu, avec vigueur, avec foi. C’est ce que fait l’homme importun dans cette parabole, il est vigoureux et veut obtenir gain de cause. Il n’a de cesse de demander pour recevoir.

La majesté de Dieu peut inciter certains individus à croire que le Seigneur du ciel et de la terre est inapprochable, inabordable. Ils se disent, certainement, si Dieu est occupé à prendre soin de tout l’univers, il n’a sûrement pas le temps de s’occuper de mes petites requêtes personnelles. De toute façon, il est au courant de tout. Pourquoi alors le déranger avec des choses qu’il connaît déjà? De telles pensées démontrent une méconnaissance de la sensibilité de Dieu envers les siens.

Le Seigneur, dans sa miséricorde infinie, est toujours prêt à écouter ses enfants et à accorder à chacun ses bénédictions. A travers cette parabole, Jésus veut montrer aux disciples qu’ils peuvent aller sans retenue au-devant de Dieu avec leurs requêtes.

Cette histoire nous force à changer notre perception du Père céleste. Jésus nous dit, en quelque sorte ‘’ dans la vie, on vous a toujours enseigné à ne pas ennuyer les gens sans raisons valables’’. Peut-être pensons-nous devoir agir de la même manière avec Dieu. Mais cette pensée est fausse car Dieu n’est pas ainsi. Il veut ardemment nous entendre et nous accorder ses bénédictions. Avons-nous une requête? Connaissons-nous quelqu’un qui a besoin de pain spirituel, du Pain de vie? Demandons-le à Dieu! Réclamons-le, même à deux heures du matin, au beau milieu de la nuit. Implorons-le avec persévérance et confiance. Dieu veut  à ce que l’on frappe avec insistance aux portes du ciel. Il affectionne ceux qui, par leur entêtement, ne lui laissent aucun répit.

Finalement Jésus nous encourage à prier, Jésus veut nous montrer à travers ce message le caractère paternel et céleste de Dieu.  Si la Parabole parle d’une situation entre amis, c’est pour mieux comprendre la relation paternelle et filiale qui existe entre Dieu et ses enfants. Jésus veut nous emmener à regarder l’attitude de Dieu en rapport à ses enfants.

« Quel est le père qui donnera une pierre à son fils s’il lui demande du pain » (11 :11). Le lien avec la parabole est évident. Si l’ami donne trois pains dans la nuit, quelle sorte de père donnerait une pierre à son fils affamé? Donnerions-nous un serpent à nos bien-aimés au lieu d’un poisson, ou un scorpion à la place d’un œuf? Personne n’oserait se moquer de ses enfants de cette manière. L’argument de Jésus est imparable.

Si les pères terrestres savent donner de bonnes choses à leurs enfants, « A combien plus forte raison le Père céleste donnera t’il le Saint Esprit à ceux qui le lui demandent. » (11 :13).

Après avoir parlé succintement du « Notre Père, après avoir énoncé une parabole, la chute de celle-ci n’est autre que le don du Saint-Esprit. Jésus montre ici l’importance du Saint Esprit, Jésus place cette demande au-dessus de toute demande « A combien plus forte raison le Père céleste donnera t’il le Saint esprit à ceux qui le lui demandent ». Notre Père céleste ne peut s’empêcher d’aimer ses enfants. Remarquons que, aussi bien dans le Notre Père que dans la parabole, (donne nous notre pain quotidien), Jésus nous conduit au don du Saint Esprit. Oui nous pouvons et devons prier pour notre pain quotidien. Mais nous pouvons aussi demander plus au Seigneur, Son Saint Esprit qui nourrit notre âme.

A travers son Saint Esprit, Jésus se donne lui-même, lui, le pain de vie, le pain spirituel, qui rassasie nos âmes.  Avec le Saint Esprit nous venons à celui qui est au commencement de la prière de foi, Jésus Christ. L’Esprit que Dieu nous donne est l’Esprit d’adoption par lequel nous pouvons crier Abba Père. C’est aussi cet Esprit qui rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu et qu’en tant enfant de Dieu, Dieu écoute nos prières et nous exauce. C’est avec cet Esprit que, revêtu de sa puissance, nous pouvons importuner le Père à toute heure de notre vie.

A Dieu seule soit toute la gloire,

Amen.

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