L'Église de Philadelphie

Au cours des méditations de 2020 qui concernait cinq des Eglises de l’Apocalypse, il a été parlé des lettres envoyées aux Eglises d’Ephèse, de Smyrne, de Pergame, de Thiatyre et de Sardes. Aujourd’hui, il sera question de l’Eglise de Philadelphie. La septième et dernière lettre sera celle adressée à Laodicée.

Ces 7 Eglises représentent l’Eglise universelle, à ne pas confondre avec l’Eglise invisible dont il a été question la semaine dernière. Il s’agit de l’Eglise physique, matérielle, de tous temps et de tous lieux. Par conséquent, aucune d’elles ne correspond à l’histoire spécifique d’une seule Eglise. Chaque lettre doit parler aux Eglises qui traversent l’Histoire.

20 En ce jour-là, J’appellerai mon serviteur Éliakim, fils de Hilkija; 21 Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ta ceinture, Et je remettrai ton pouvoir entre ses mains ; Il sera un père pour les habitants de Jérusalem Et pour la maison de Juda. 22 Je mettrai sur son épaule la clé de la maison de David: Quand il ouvrira, nul ne fermera ; Quand il fermera, nul n’ouvrira.

7 Écris à l’ange de l’Église de Philadelphie :

Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n’ouvrira : 8 Je connais tes oeuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. 9 Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent ; voici, je les ferai venir, se prosterner à tes pieds, et connaître que je t’ai aimé. 10 Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. 11 Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. 12 Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus ; j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau. 13 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises !

Avec Ephèse, l’Eglise est en péril car elle a perdu son premier amour. Avec Smyrne, l’Eglise est exposée à la souffrance, à la persécution.

Avec Pergame, l’Eglise a en son sein des idolâtres et des séducteurs.

Avec Thiatyre, l’Eglise laisse une prophétesse idolâtre qui égare les saints dans l’immoralité.

Avec Sardes, l’Eglise est confrontée à l’orgueil de se croire vivante alors qu’elle est morte.

Avec Philadelphie, dont il est question aujourd’hui, c’est l’encouragement qui est au rendez-vous.

Tout comme les autres Eglises, Philadelphie est située dans la Turquie actuelle

Philadelphie est présentée comme l’une des lettres les plus encourageantes de l’histoire de l’Eglise. Une Eglise peu puissante, certes, mais une Eglise obéissante à laquelle Dieu donne des gens de la synagogue de Satan, une Eglise dont le témoignage va porter du fruit.

Toutefois, comme pour les autres lettres, il est intéressant de souligner certaines particularités historiques de la ville de Philadelphie.

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Dans l’empire grec, Philadelphie a joué un rôle particulier. Cette ville était l’un des carrefours des routes commerciales. C’est à partir de cette ville que la langue et la culture grecques se sont propagées vers les régions « barbares », non « civilisées », notamment vers la Phrygie, à l’est.

Philadelphie était une ville « ouverte », non seulement pour le commerce, mais aussi pour les premiers chrétiens qui ont annoncé l’Évangile dans cette région et qui ont parcouru les routes de la province d’Asie mineure à partir de cette ville stratégique.

Si l’Eglise de Philadelphie ne reçoit que des éloges, cela est peut-être dû au fait que le Seigneur pouvait voir et constater avec bonheur la pratique de ce qu’Il aurait aimé trouver dans chaque Eglise.

Philadelphie signifie « Amour fraternel », et cela ne doit rien au hasard. Selon certains historiens, la ville serait née de la réconciliation de deux frères, le roi de Pergame et le roi de la province de Lydie. Lassés par les guerres et les rivalités, les deux rois concluent un accord au terme duquel naît Philadelphie.

Philadelphie est un mot composé en grec : Philéo « aimer » et Adelphos « frère ».

Philadelphie, « amour fraternel », prend tout son sens en écoutant les paroles que le Christ dit à ses disciples « Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13 :34-35)

Et dans l’Eglise de la ville Philadelphie « amour fraternel », règne l’amour fraternel. C’est là sa force, sa puissance.

Celui qui s’adresse à cette Eglise se présente comme « le Saint et le Véritable ». Il est le Seigneur parfait, sans péché, le souverain authentique qui s’oppose à Satan, le « menteur » qui veut dominer le monde.

Dans ce passage, il est aussi question, tout comme l’Eglise de Smyrne, d’une « synagogue de Satan » qui rassemble des « personnes qui se prétendent juives mais qui ne le sont pas ».

« Le Saint et le véritable » sont des titres divins, le divin s’adresse à l’Eglise et ouvre la porte du salut. Il s’agit là d’un encouragement pour cette Eglise fidèle exposée aux calomnies de ses adversaires, ceux de la synagogue de Satan (v9), et qui doit subir l’épreuve qui va venir sur le monde entier (v10).

Ici, Jésus est présenté comme « celui qui a la clé de David » et qui ouvre et ferme la porte.

Cette image est empruntée à Esaïe 22.20-22

« 20 En ce jour-là, j’appellerai mon serviteur Eliakim, fils de Hilkija; 21 Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ta ceinture, et je remettrai ton pouvoir entre ses mains; il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda.  22 Je mettrai sur son épaule la clé de la maison de David, quand il ouvrira, nul ne fermera; quand il fermera, nul n’ouvrira ».

Éliaquim était le chef du palais royal (milieu du VIIIe siècle av. J.-C.), il avait accès aux trésors et aux réserves de la maison royale, qu’on appelait la « maison de David », en référence au grand roi David qui avait régné sur Israël, environ 250 ans plus tôt.

Les rabbins donnaient un sens messianique à cette prophétie. Jésus, Fils de Dieu, est descendant du roi David, donc fils de David. C’est lui qui tient la clef qui donne accès au trésor royal, au salut de Dieu, qui donne accès à la communion éternelle avec Dieu.

Ainsi, Jésus ouvre LA porte dans le monde et dans les cœurs pour y faire pénétrer l’Evangile de sa grâce et personne ne peut fermer cette porte. Mais Jésus ferme aussi la porte aux adversaires dont les efforts demeurent vains pour l’ouvrir.

Jésus-Christ détient la clef qui ouvre ou ferme la porte, « il a reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. » (Mt 28,18)

Après s’être présenté, Jésus s’adresse aux croyants de Philadelphie, comme dans toutes les lettres, en disant « Je connais tes œuvres »

« Je connais », le verbe employé ici par Jean est « oïdon ». Oïdon désigne une connaissance approfondie, extrême, voire divine.   

Dans le N.T, le verbe connaître se dit « oïdon » ou « ginosco ».

Oïdon s’emploie pour parler de connaître divinement. Cela concerne Dieu.

« Ginosco » s’emploie pour parler de connaître humainement.  Cela concerne la connaissance de l’être humain.

Lorsque Jésus-Christ dit « je connais tes œuvres », il s’agit de la connaissance divine que Jésus a de son Eglise.

Dans la lettre adressée à l’Eglise, il s’agit de la connaissance divine que Jésus a de son Eglise.

Jésus connaît son peu de puissance, sa souffrance à cause de sa foi et son refus de toute compromission. Il connaît aussi son obéissance et sa beauté spirituelle.

Pourquoi est-il dit que cette Eglise a peu de puissance ? C’est une Eglise fidèle à la Parole de Dieu. Elle est attaquée, calomniée, aussi bien par les païens idolâtres que par les Juifs qui rejettent le Messie. Elle est isolée en quelque sorte, limitée dans son action MAIS pas dans l’action divine ! Elle n’a certainement pas les dons de l’Eglise de Corinthe qui était dans l’abondance, mais ce qu’elle a, elle le garde précieusement, comme une perle de grand prix et le Saint-Esprit œuvre dans une telle Eglise.

Pour prix de son obéissance et de sa fidélité, le Seigneur, Maître de toute chose, lui confie des membres de la synagogue de Satan en ouvrant la porte pour laquelle lui seul détient la clef.

C’est aussi dire combien Dieu agrée ces fidèles.

De ce fait Dieu leur donne trois promesses.

-1) Dieu ouvre la porte que nul ne peut fermer.

-2) Dieu fait prosterner les ennemis et il leur fait reconnaître qu’il les a aimés.

-3) Dieu va garder ses fidèles lors de l’épreuve qui va venir sur le monde.


1ère promesse :

Jésus détient la clef de David. Il semble tout à fait correct de dire que Jésus-Christ détient la clef qu’il avait confiée à David. Il promet à l’Eglise d’ouvrir une porte afin qu’ils témoignent de leur foi sans craindre leurs adversaires.

Cela n’est pas sans rappeler l’Apôtre Paul qui discerne quand le Saint-Esprit ouvre ou ferme une porte selon la mission qu’il veut lui confier.

Paul désirait une chose et l’Esprit lui montrait autre chose. L’Esprit a déjoué des plans diaboliques et l’Esprit a conduit Paul à des endroits où les chrétiens avaient besoin d’être encouragés, fortifiés, où la Parole devait être proclamée et acceptée « j’ai un peuple nombreux dans cette ville » a dit l’Esprit à Paul en parlant de Corinthe.

Les chrétiens de Philadelphie sont fidèles car ils croient que Dieu est


2ème promesse :

Les chrétiens n’ont pas à craindre leurs adversaires, ceux-ci sont déjà vaincus.

Tout ennemi devra reconnaître la victoire du Seigneur Jésus comme il est écrit « Dieu lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, 10afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, 11et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Ph.2,10)

Chacun reconnaîtra aussi que l’Eglise a été aimée de Dieu.

Lorsque cette lettre a été écrite, à la fin du premier siècle, des chrétiens étaient couramment mis à mort à cause de leur foi en Jésus.

Les fidèles de l’Eglise qui étaient persécutés se savaient aimés de Dieu. Ils supportaient les épreuves dans la foi au Fils de Dieu et continuaient à proclamer la Bonne Nouvelle du Salut. Ils avaient en perspective la victoire finale, la demeure céleste. Ici, la Parole « l’amour parfait bannit la crainte » (1Jn 4,18) prend tout son sens.


La 3ème promesse :

Jésus promet qu’il gardera cette Eglise lors de la grande épreuve/tentation qui vient sur le monde pour éprouver les habitants de la terre entière parce qu’ils ont persévéré dans l’obéissance à la Parole.

Les « habitants de la terre » sont ceux qui s’opposent au Christ. Ici, deux lectures sont possibles. La première est une lecture historique. La persécution sévissait de plus en plus en Asie mineure. La seconde est la grande épreuve finale avant le retour du Seigneur. Dans les deux cas de figure, cette épreuve est un combat que se livrent la lumière et les ténèbres. Au final, Christ est victorieux, Satan est vaincu. C’est la chute et le jugement du monde hostile à Dieu et à son Oint, son Messie.


Telles sont les trois promesses faites à l’Eglise de Philadelphie.

Au cours de son histoire, l’Église n’a cessé d’être tentée par les plaisirs et les richesses du monde qui s’accompagnent de corruption, de compromission, de décadence et même de meurtres.

Alors que Jésus n’avait où poser sa tête, certaines Eglises affichent une richesse insolente et sans partage.

Aujourd’hui encore, le syncrétisme gangrène certaines Eglises. Le paganisme, l’animisme et mêmes des doctrines soi-disant chrétiennes, viennent s’immiscer dans les Eglises.

La lettre se poursuit par « Je viens bientôt ! » et « tiens ferme ce que tu as pour que personne ne te ravisse le prix de la victoire ».

Le prix de la victoire apparaît déjà dans la lettre adressée à l’Eglise de Smyrne. Cette Eglise, qui ressemble beaucoup à celle de Philadelphie quant à son obéissance et se fidélité, est éprouvée jusqu’à la mort. La mort est le prix de la victoire. Cela n’est pas sans rappeler le martyr de Polycarpe, évêque de Smyrne, brûlé vif car chrétien. Ce fut le prix de sa victoire.

« Je viens bientôt » ne peut être dissocié de « tiens ferme » et ceci vaut pour toutes les générations et nous nous rapprochons chaque jour de ce « bientôt » qui nous rappelle qu’il faut tenir ferme.

Le temps de l’Église, le temps de la grande Assemblée qui réunit tous ceux qui croient en Jésus, qu’ils soient juifs, grecs, romains, français, ou de quelque nation que ce soit, dure depuis le premier siècle.

C’est un temps d’épreuve et de tentation pour l’Église.

Ce temps ne prendra fin qu’au retour glorieux de Jésus, plus souvent appelé « Parousie ».

« Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus » (Ap 3,12)

Être une colonne… que signifie donc cela ? Chacun connaît l’expression « cette personne est la colonne vertébrale de la famille, de la société, … » C’est-à-dire, qui permet à l’édifice de tenir.

Être une colonne dans le Temple de Dieu, signifie avoir une place d’importance. Et n’en plus sortir, signifie, rester dans la présence de Dieu à jamais. Cette promesse faite à l’Eglise de Philadelphie signifie donc l’importance que revêt cette Eglise aux yeux de Dieu.

Et sur cette colonne Dieu dit « J’inscrirai sur lui le nom de mon Dieu et le nom de la ville de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel, envoyée par mon Dieu. J’inscrirai aussi sur lui mon nom nouveau. »

Si nous devions prendre cela au premier degré, devenir une colonne ne serait pas le rêve de qui que ce soit mais, selon les paroles de l’Esprit de Dieu, cette promesse est grandiose.

Conclusion

Nous sommes donc appelés à bien entendre ce que l’Esprit Saint veut transmettre à l’Église à travers cette lettre, et peut être surtout à travers cette promesse, et donc à bien ouvrir nos oreilles spirituelles, nos cœurs !

Car par ces paroles un peu énigmatiques, le Seigneur nous encourage une fois de plus à cultiver notre relation avec le Dieu tout puissant qui est aussi notre Père.

Cette promesse est particulièrement vraie dans ce monde et dans ce temps où nous sommes éprouvés par toutes sortes de difficultés mais aussi tentés par toutes sortes de facilités.

Et cette promesse, c’est aussi la communion parfaite à venir dans la présence de Dieu.

Être une colonne du temple de Dieu, avoir un nom nouveau, habiter pour toujours dans cette nouvelle Jérusalem, c’est déjà être conscient que le chrétien est le Temple du Saint-Esprit (1Co.6,19). Notre corps est le Temple du Saint-Esprit. Nous sommes le corps et Jésus est la tête. Et mieux encore, nous sommes l’épouse du Seigneur qui est l’époux fidèle et véritable (1 Corinthiens 3.16 ; Éphésiens 5.23 ; Apocalypse 21.9).

Nous sommes les enfants de Dieu notre Père. Nous avons été délivrés de l’esclavage par le Fils, et nos cœurs ont été circoncis par l’Esprit de Dieu.

Quant à nous, nous devons aussi être obéissants et fidèles quoi qu’il en coûte. Nous vivons en Occident et la persécution n’a pas pris la tournure des pays que nous décrit « portes ouvertes ». Cependant, la tentation de bien des chrétiens est la compromission pour ne pas se priver de ce que ce monde offre, ou semble offrir. Il nous faut demeurer ferme. Il nous faut aussi partager la Bonne Nouvelle du Salut avec amour, douceur et persévérance sans nous lasser. Le Seigneur ouvre des portes à ceux qui obéissent, à ceux qui sont fidèles. Agissons pour notre part, le Seigneur s’occupe du reste, c’est-à-dire du principal. Nous sommes faibles et petits en apparence mais Dieu connaît nos cœurs. Persévérons et remportons la victoire. Et Dieu pourvoira en ouvrant la porte aux brebis égarées afin qu’elles soient nourries.

Que le Seigneur nous aide à persévérer dans sa Parole avec fidélité !

A Dieu seul soi toute la gloire.

Amen.

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