La foi : un don de Dieu

Pierre n’indique pas les destinataires de sa lettre. Néanmoins, il fait allusion à sa première lettre envoyée aux chrétiens d’Asie Mineure qui subissent la persécution en 64 sous le règne de Néron.

Pierre désire, d’une part, encourager les chrétiens, et, d’autre part, dénoncer les enseignants de mensonges qui mettent en péril l’enseignement du pur l’Evangile. En effet, ces enseignants prêchent une pseudo-connaissance qui serait supérieure et donnerait accès à une piété plus élevée.

Pierre met dès lors en avant l’enseignement qu’il a reçu du Seigneur. De même, il montre que, contrairement aux enseignants de mensonges, sa connaissance et son enseignement sont liés à la communion au Christ.

Pierre rappelle aux chrétiens qui seraient tentés par ces nouvelles doctrines qu’ils ont déjà tout reçu de DIEU en Jésus-Christ.

1 Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la nôtre, par la justice de notre Dieu et du Sauveur Jésus-Christ : 2 Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur !

3 Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu; 4 celles-ci nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise. 5 A cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, 6 à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la patience, à la patience la piété, 7 à la piété l’amitié fraternelle, à l’amitié fraternelle l’amour. 8 Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ.

Lorsque Pierre écrit « faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l’amour fraternel, à l’amour fraternel la charité. », il dresse une liste de dons qui, loin de diviniser l’homme, l’appelle à faire des efforts afin de refléter les qualités morales de Dieu.

Cette liste de dons, qu’il faut s’efforcer de mettre en œuvre, ne peut prendre vie qu’à partir du don de la foi. Ces efforts sont couronnés par l’amour « Agape », c’est-à-dire par la charité qui est la marque par excellence du disciple du Christ.  

Cette liste exhorte le chrétien à « faire des efforts ».

Ces efforts sont-ils possibles selon la volonté humaine ? Non !

Pierre rappelle les promesses de DIEU qui, selon sa divine puissance, désire que le chrétien devienne participant de la nature divine.

Cette liste est « encadrée » par la foi et la charité.

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La foi, don de DIEU

Les efforts dont parle Pierre sont posés sur le fondement de la foi qui est un don de DIEU.

Sans la foi, tout effort pour refléter les qualités morales de Dieu serait vain. La foi est un préalable aux efforts qui mènent à l’Agape.

La foi c’est le don de Dieu, la grâce de Dieu. Elle conduit à la communion avec Dieu. C’est par la communion avec Dieu que l’homme est rendu capable de faire des efforts pour refléter les qualités morales de Dieu et devenir participant de la nature divine. La finalité n’est-elle pas d’être le reflet de l’amour de Dieu ?

Pierre insiste dès le début de sa lettre pour rappeler cette vérité fondamentale et s’adresse « À ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la nôtre, par la justice de notre Dieu et du Sauveur Jésus-Christ … »

Ces paroles ne sont pas sans rappeler les paroles de la lettre aux Ephésiens : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres afin que personne ne se glorifie … » (Ep.2,8)

Dieu, qui est à l’origine de toutes choses, conduit le chrétien dans l’union à son Fils, Jésus-Christ.

Jésus, Dieu et Sauveur, a tout accompli par son œuvre salutaire afin que la grâce et la paix soient accordées et que chacun puisse connaître Dieu.

Le chrétien peut dès lors avoir une relation personnelle avec Dieu et le connaître comme Père.

Le don de la foi conduit le chrétien à faire des efforts dans sa vie, et ce, chaque jour. C’est le début pour tout cheminement.

Quels sont les efforts dont parle Pierre ?

Que signifie cette liste d’efforts qu’il énumère en s’appuyant chaque fois sur l’effort précédent ?

Pierre nomme les efforts à faire comme s’il s’agissait d’une construction bien ordonnée, étape par étape. Il semble construire un édifice et s’assure que chaque étape est respectée, que chaque pièce, ou même chaque pierre, est posée sur la précédente. Il est facile d’y voir une superposition où chaque pièce a une place bien définie. Il ne semble pas possible de poser la patience avant la vertu.

Qu’est-ce que la vertu ?

La vertu est plus qu’une bonne conduite, c’est la force de caractère qui conduit à l’excellence morale.

Le latin « virtus » contient aussi l’idée de courage, de force, et de sagesse. D’ailleurs, le verset 3, parle de Dieu qui appelle par sa propre gloire et par sa vertu. C’est dire combien tout chrétien est appelé à ressembler à Jésus.

Certains définissent la vertu comme une disposition spirituelle à agir avec persévérance en accord avec la loi divine.

Certaines personnes se croient vertueuses selon la pensée humaine mais la vertu dont parle Pierre est à comprendre selon la pensée de Dieu qui nous est communiquée par la foi, par l’Esprit de Dieu.

A la vertu, Pierre ajoute la connaissance ou la science

Alors que les enseignants de mensonges enseignent une connaissance supérieure, Pierre rappelle que la vraie connaissance est nourrie par la communion avec le Seigneur. Cette communion porte du fruit et permet de vivre une vie qui porte la marque des qualités morales de DIEU. Ces qualités morales se retrouvent dans la vertu.

La vertu et la connaissance se complètent. De la vertu découle la connaissance qui fait grandir la sagesse et le discernement du chrétien.

La connaissance est bonne lorsqu’elle est recherchée dans la Parole de DIEU, dans la communion avec DIEU.

Le prophète Osée dit de la part de DIEU que : « Mon peuple est détruit parce qu’il lui manque la connaissance. » (Os 4,6)

Dieu désire ardemment être connu par son peuple auquel il donne son Esprit-Saint. Tout chrétien est guidé dans la Parole par le Saint-Esprit.

A la connaissance vient s’ajouter la tempérance

La tempérance est plus communément appelée « maîtrise de soi ».

Pierre vit dans un monde helléniste (grec). La maîtrise de soi était le but ultime des stoïciens (300 AJC).

Certains ont dû entendre dire que lorsque quelqu’un subit une pression à laquelle il ne cède pas que cette personne a su rester « stoïque ». Le vocabulaire évoluant, aujourd’hui on dit il est resté « zen ». Est-ce de cela que Pierre veut parler ? Est-ce une maîtrise de soi à la stoïcienne ? Evidemment non !

La maîtrise de soi dont parle Pierre prend sa source dans la foi et se jette dans l’amour.

La maîtrise de soi, selon la Parole, consiste à dominer les passions et les convoitises de ce monde.

Contrairement aux stoïciens qui tentaient de rester insensibles face à la douleur, Pierre parle dans cette lettre de l’amour de l’argent des faux prophètes, des enseignements de mensonges. Il parle aussi de leur vie sexuelle débridée et de leur arrogance religieuse. Ces gens avaient professé être chrétiens mais il s’agit là d’une apparence de foi, car ils renient le Christ.

Jésus demande à son peuple de persévérer dans la foi qui a pour fruit la vertu, la connaissance et la maîtrise de soi.

Jésus connaît la faiblesse de la chair mais il donne son Esprit de force d’amour et de sagesse à son peuple racheté pour l’aider à faire face à toutes sortes de tentation. 

A la maîtrise de soi, Pierre ajoute la patience ou l’endurance dans l’épreuve

Cette endurance est l’obéissance fondée sur la foi, ancrée dans la fidélité de Dieu.

Mais pourquoi être patient, sinon pour supporter les faiblesses de notre prochain pour son bien, en vue de l’aider à grandir dans la foi. Pourquoi être endurant si ce n’est pour supporter les épreuves de la vie, ancré dans la foi.

Il apparait que tous les efforts qui sont égrenés les uns après les autres s’enchevêtrent, s’imbriquent les uns dans les autres. Il est possible de comparer cela au fruit de l’Esprit où l’amour est le fondement alors qu’ici l’amour est la finalité.

Il est écrit dans l’Epitre aux Galates « le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. » (Ga 5,22-23) Il ne s’agit pas de 9 fruits différents mais d’un même fruit qui provient de l’Esprit de DIEU. Ce fruit apparaît dans les efforts qui sont faits sur le fondement de la foi.

Ici, la patience qui est à mettre en œuvre n’est autre que le fruit de l’Esprit. Cela explique pourquoi les efforts à faire que Pierre décline sont tous fondés sur la foi.

Pierre ajoute ensuite à la patience ou l’endurance dans l’épreuve, la piété ou l’attachement à DIEU

La Bible dite du Semeur donne une explication très claire de la signification de l’attachement. Il s’agit de la foi qui conduit à une vie quotidienne marquée par la communion à DIEU. Cela ne se limite donc pas à des formes cultuelles extérieures.

La piété peut être définie comme l’attachement aux devoirs et aux pratiques de la Loi divine. La piété signifie notre engagement avec le Christ et son Eglise.

Pierre ajoute ensuite à la piété, l’amour fraternel

L’amour fraternel dont parle Pierre est, en grec, l’amour FILEO.

C’est l’amour qui concerne les frères et les sœurs entre eux.

L’amour que l’on trouve au sein d’une famille se retrouve ici identique au sein de la famille de Dieu.

Celui qui aime son frère veille sur lui, il prie pour lui et prend soin de lui. Cela signifie que des relations sont nouées entre les frères et sœurs de l’Eglise, que des nouvelles sont prises des uns des autres. Sinon comment prier ou rendre grâce pour un frère si l’on ne le connaît que durant le temps de culte ?

Une remarque peut être ajoutée ici quant à Pierre. Il est facile de s’apercevoir qu’entre le Pierre des Evangiles et le Pierre des Actes et des Epîtres, il ne s’agit plus de la même personne.

Lorsqu’il exhorte le chrétien à faire des efforts, c’est parce que lui-même a suivi ce chemin d’endurance, de fidélité. Lui-même est passé par toutes les étapes des efforts qu’il décrit. Il est même probable que ce soit son testament qu’il écrit car dans ce même chapitre, Pierre parle de son « départ », et dit qu’il va bientôt quitter son corps mortel.

Pierre ajoute ensuite à l’amour fraternel, l’amour de DIEU

C’est le dernier maillon dans la liste des efforts à fournir.

A y regarder de plus près, on pourrait presque représenter cette liste sous forme de cercle qui partirait de la foi et finirait par l’amour divin. Mais la foi n’est-elle pas donnée par l’amour divin ?

Cet amour spirituel de Dieu couronne et met en valeur toute la liste des efforts énumérés.

C’est l’amour qui vient de Dieu, comme le précise Pierre à la fin de sa liste.

Ces deux mots essentiels encadrent tous les autres, c’est bien évidemment intentionnel de la part de Pierre.

Car pour vivre une vraie communion avec Dieu et les uns avec les autres, c’est d’amour dont le chrétien a besoin !

Pierre conclut que si le chrétien cultive toutes ces qualités, tout ce fruit du Saint-Esprit dans sa vie de communion avec Dieu, il ne peut rester oisif et stérile.

Conclusion

Au regard de tout ce qui vient d’être dit, la question se pose de savoir ce que cette lettre a à nous dire aujourd’hui et notamment ce passage.

Nous sommes certainement d’accord que cette liste est toujours actuelle, que les efforts décrits qui sont à fournir font partie de notre existence.

Il ne faut toutefois pas s’inquiéter de là où nous en sommes si nous marchons avec sincérité et foi. Nous sommes toujours en travail, nous marchons avec persévérance vers le but.

Pierre lui-même n’a pas été transformé du jour au lendemain. Cela a été un long processus dans sa vie, il a appris, expérimenté grâce à la communion avec DIEU, ce DIEU vivant et éternel, ce DIEU d’amour et de pardon.

Le Saint-Esprit que DIEU lui a donné à la Pentecôte a sans cesse été renouvelé en lui pour qu’il puisse accomplir sa mission.

Pierre est passé par des étapes difficiles (le reniement, l’emprisonnement) et a surmonté des obstacles, dans la prière, dans la persévérance de la Parole de Dieu, dans la communion avec Dieu.

Pierre a encouragé les chrétiens de son époque et nous encourage encore aujourd’hui à faire ces efforts par la grâce de Dieu. Car il en est de même pour nous.

Nous devons persévérer dans la prière, la connaissance de la Parole de DIEU et la communion des saints.

Et nous savons que si nous persévérons, nous serons transformés, tout comme Pierre l’a été, selon l’appel de Dieu pour chacun d’entre nous.

Si nous comprenons et suivons ce que Pierre dit, il ne peut qu’y avoir du fruit au sein de nos vies et de notre assemblée.

 

Dans nos vies :

  • Notre bonne conduite sera connue de tous.
  • Nos valeurs morales seront aussi reconnues.
  • Notre douceur apparaîtra aux yeux de tous.

 

Dans notre assemblée :

  • Notre amour sera le signe visible qui nous unit.
  • Nous nous savons aimés de DIEU.
  • Nous nous tournons vers lui afin qu’il nous rende chaque jour plus ferme dans la foi.

 

Ce n’est pas pour autant que l’on nous aimera.

Nous savons pertinemment que les chrétiens sont persécutés dans ce monde mais nous devons résister à la tentation de la colère et de la vengeance. Là encore, c’est la maîtrise de soi !

Et pour résister, il nous faut avoir une communion personnelle avec DIEU et nous « nourrir » de sa Parole.

A l’écoute de tout ce qui a été dit, il devient clair que le chrétien qui a la foi doit avoir une vie en adéquation avec la Parole de Dieu.

Remettons notre volonté entre les mains de Celui qui peut tout et croyons fermement qu’il le fait.

Quant à nous, efforçons-nous, par la grâce du Saint-Esprit qui nous a été accordé, de marcher chaque jour à la suite de notre bien-aimé Seigneur Jésus-Christ afin de lui ressembler.

Alors que conclure. Ce texte de Pierre doit nous inciter à nourrir notre foi avec le fruit de l’Esprit. Dieu nous appelle à faire des efforts et nous donne la force pour cela. Rendons-lui grâce. Que chaque jour nous ressemblions davantage à Christ, notre modèle par excellence.

Dans la pratique, cela signifie que, dans nos vies, dans nos relations, que ce soit au sein de nos familles, dans l’Eglise, sur notre lieu de travail, avec nos amis, nos connaissances, nous devons nous demander « suis-je le reflet de l’amour de Dieu dans ma vie ? »

Que chacun soit honnête avec lui-même et fasse le point sur sa situation, qu’il la remette entre les mains de Dieu qui lui montrera avec amour là où il doit persévérer, changer, prendre conscience du besoin de changement. « Approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi … » (Hé 10,22a)  

Par la divine puissance de Dieu, faisons tous nos efforts pour sa seule gloire.

Amen.

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