La naissance de Jésus

Le texte de Luc fait apparaître des détails tant historiques que politiques qui doivent retenir l’attention quant à la réalisation des prophéties bibliques de l’AT.

Luc écrit qu’Auguste était empereur et l’est resté jusqu’en l’an 14. Dans les faits, Auguste a été empereur de -27 à 14. Luc écrit de même qu’il a ordonné plusieurs recensements dont celui qui a conduit Joseph et Marie à quitter Nazareth pour Bethlehem. Luc n’est pas avare de détails puisqu’il indique que c’est le premier recensement de Quirinius,  gouverneur de Syrie. Flavius Josèphe, historien juif du premier siècle, indique, quant à lui, que Quirinius a effectué un deuxième recensement en l’an 6.

1 Maintenant, fille de troupes, rassemble tes troupes ! On nous assiège ; Avec la verge on frappe sur la joue le juge d’Israël. 2 Et toi, Bethléhem Éphrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l’origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l’éternité. 3 C’est pourquoi il les livrera Jusqu’au temps où enfantera celle qui doit enfanter, Et le reste de ses frères Reviendra auprès des enfants d’Israël. 4 Il se présentera, et il gouvernera avec la force de l’Éternel, Avec la majesté du nom de l’Éternel, son Dieu : Et ils auront une demeure assurée, Car il sera glorifié jusqu’aux extrémités de la terre. 5 C’est lui qui ramènera la paix.

1 En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. 2 Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. 3 Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville.

4 Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, 5 afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. 6 Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, 7 et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.

8 Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. 9 Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur. 10 Mais l’ange leur dit : Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie : 11 c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. 12 Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. 13 Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant : 14 Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée !

15 Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : Allons jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. 16 Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. 17 Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. 18 Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers. 19 Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son coeur. 20 Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.

Mais ici, c’est bien du premier recensement dont il est question, et qui est important, car il conduit Joseph et Marie à Bethlehem, là où le Messie doit naître.

Bien des débats ont eu lieu quant à la date de naissance de Jésus. Il a souvent été dit que les dates chrétiennes des 24 décembre, pour Jésus, et 24 juin, pour Jean-Baptiste, avaient été choisies par l’Eglise pour remplacer les célébrations païennes des solstices d’hiver et d’été. Qu’en est-il ? Christ est-il né, oui ou non, un 25 décembre ?

Tertullien (150 – 220), a consulté les archives romaines. Un recensement a bien été effectué sous le règne d’Auguste. Il a commencé sous Gaius Sentius Saturninus, légat de Syrie, en -9/-6 avant Jésus-Christ et s’est achevé avec Quirinius. Ce recensement a mis beaucoup de temps car la province de Judée venait d’être intégrée à l’Empire. Pline parle d’un recensement qui aurait pris 4 ans.

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Mais cela prouve t’il pour autant que Jésus est né le 25 décembre ?

Les manuscrits de la Mer Morte permettent aujourd’hui une telle affirmation. Et cette affirmation va jusqu’à fixer la date de naissance de Jean-Baptiste au 24 juin.

En effet, le calendrier des offices du Temple a été retrouvé. Zacharie, père de Jean-Baptiste, appartenait à la classe sacerdotale d’Abia (Lc1.5) et selon le calendrier, lorsque l’ange Gabriel lui apparaît, il s’agit du 24 septembre (Lc1.8-11). Cela confirme la tradition byzantine qui fête la conception de Jean-Baptiste le 23 septembre.

Le texte de Luc indique qu’au 6ème mois de la grossesse d’Elisabeth (Lc1.26), l’ange Gabriel apparaît à Marie. Cela conduit à la date du 23 mars. C’est à cause de l’annonce de l’ange Gabriel que l’Eglise catholique fête « l’Annonciation » le 25 mars. Si  9 mois s’ajoutent à partir de cette date, la venue de Jésus est bien le 25 décembre. Jean-Baptiste naît 3 mois après l’Annonciation, donc le 24 juin. (Lc1.56-57).

Quelle était donc l’intention de Luc en écrivant ce texte sans donner de date alors qu’il était connu pour être un érudit ?

Il n’a pas désiré montrer que c’est la date du recensement qui est importante et qui permet de fixer la date de la venue de Marie et Joseph à Bethlehem, mais que c’est l’inverse. La date de naissance du Messie donne la date du recensement effectué sous Quirinius.

Luc indique que la naissance du Messie ouvre une ère nouvelle.

Cela montre aussi que Dieu agit dans l’histoire des hommes, comme il l’entend, au moment opportun, et, ô combien les prophètes ont annoncé de la part de Dieu, les réalités à venir au temps fixé par Dieu.

Et Auguste, tout puissant qu’il est, décide de cet édit, au moment où le Messie doit naître, selon le plan de Dieu. Qui est au-dessus de Dieu ?

Michée avait annoncé que le Messie devait naître à Bethlehem. Beaucoup d’écrits de l’AT annoncent la venue du Messie, mais seul Michée indique le lieu de sa naissance. Tout au long de l’histoire d’Israël, Dieu a, en quelque sorte, semé des indices afin qu’il soit permis de comprendre ce qui doit arriver.

Ici, ce qu’il faut comprendre, c’est que le plan de salut annoncé par Dieu se met en place, et cela, à travers la naissance d’un enfant faible, fragile. C’est Dieu lui-même qui va le protéger et lui permettre de grandir jusqu’à ce qu’il accomplisse le salut annoncé et tant espéré.

Pourtant, en lisant Luc, alors que le Messie va naître, nul ne l’attend, nul ne lui accorde d’importance, il n’y a pas de place pour lui. Il vient presque dans l’anonymat, incognito, presque, parce que des bergers et des mages vont être conduits à l’adorer, à se prosterner devant lui.

Ce n’est pas que personne n’ait voulu accueillir ce couple, simplement, Bethlehem est un petit village de Judée, et avec le recensement, il y a foule ! Alors, qu’il s’agisse de ce couple ou d’un autre, quelle différence ? Nul ne sait à Bethlehem qui sont Marie et Joseph et tant pis s’ils viennent de parcourir plus de 100 kilomètres, pendant plus de 6 jours, à pied ! Tant pis si elle est enceinte et sur le point d’accoucher ! Nul ne cédera sa place !

Mais, cela n’était-il pas aussi dans le plan de Dieu. Dans la suite des temps, l’Ecriture nous dit que Jésus n’avait pas où poser sa tête. Dès le départ, avant qu’il ne naisse, l’accueil du Messie n’a pas sa place. Ce Messie n’est pas glorieux ! L’événement divin, l’Avènement, est relégué dans l’ombre. C’est aussi ce que dit le prologue de Jean « La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. » Jn1.5

Mais n’est-ce pas Dieu qui a organisé sa venue ? Les anges qui ont annoncé la venue du Messie aux bergers, gens de peu d’importance dans cette société, n’ont’ils pas été des témoins privilégiés de la grâce de Dieu ? Auraient-ils pu entrer dans l’hôtellerie pour l’adorer ?

Dieu voulait-il qu’une foule de témoins indifférents vivent cet événement ?

Cet événement, qui se déroule dans l’anonymat, dans la précarité, dans la fatigue d’un long voyage, n’avait rien de glorieux à vue humaine.

Pourtant, il s’agit du Fils de Dieu, qui a pris forme humaine, qui a quitté son ciel de gloire, par qui tout a été créé, qui était à la droite du Père, est là, dans le corps d’un petit enfant emmailloté.

Le Créateur ne trouve pas de place auprès de ses créatures, mais, ceux qu’Il a choisis d’avance pour le rencontrer sont présents, à ses pieds, dans l’humble étable.

Celui à qui appartiennent toutes les richesses de l’univers, vient dans le dépouillement le plus total.

Celui qui était adoré et servi dans son ciel de gloire, est là, vulnérable, entre des mains humaines.

Cependant, la multitude de l’armée céleste est présente, cette armée regarde cet événement depuis si longtemps annoncé. Jésus est sous bonne garde, Dieu veille et a envoyé ses saints anges.

Et s’il est possible d’assurer que Dieu veille, il n’est qu’à voir ce qu’Hérode réservait au Messie. Hérode a voulu manipuler les Mages, mais l’Esprit de Dieu est actif, vivant et se fait entendre, les Mages ne seront pas de ceux qui, même sans le vouloir, conduiront le Messie à sa perte. De même,

Dieu lui-même dira à Joseph de partir en Egypte pour que le Messie ne périsse pas.

Non seulement, le Messie n’était pas attendu, mais en plus, si cet enfant est celui qui doit venir, il faut l’éliminer !!!

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au niveau de l’accueil du Messie, il y a eu quelques déconvenues.

Mais aujourd’hui, est-il mieux accueilli ? Est-il attendu ? Qui craint pour sa place ? Qui craint pour sa propre gloire ? Cette crainte conduit à la ruine de l’être, or Dieu est venu pour nous libérer de toute crainte, pour vivre une vie dans la liberté car là où est l’Esprit du Seigneur, c’est la liberté.

Alors qu’Il est venu comme un petit enfant, qu’Il a vécu, qu’il a été rejeté, conspué, qu’Il a été crucifié, qu’Il est ressuscité, et qu’Il est allé auprès du Père, Il reviendra comme il nous l’a assuré. Sa parole est certaine !

Il ne reviendra pas comme un petit enfant mais comme le Messie glorieux. Tout œil le verra, tout homme confessera que Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père.

Et nous, comment l’accueillons-nous chaque jour de notre vie, comment l’écoutons-nous et mettons en pratique ses saints commandements ? Aimons-nous, comme Il a aimé ? Pardonnons-nous, comme il nous pardonne ? Sommes-nous l’image du Messie ressuscité ? Quel témoignage donnons-nous de l’Evangile, de la vie éternelle que nous avons reçue lorsque le Saint-Esprit est venu habiter en nous ?

A la lumière du premier Avènement, tous, nous savons qu’il nous faut être transformé à l’image de Jésus-Christ, pourtant, parfois, nous l’oublions quelque peu. Mais Dieu use de patience envers ses enfants.

A la lumière du premier Avènement, nous connaissons les Paroles de vie laissées par Jésus. Il nous invite à les mettre en pratique, et cela, en vue du deuxième Avènement. En effet, lors de son retour, ou, à l’heure de notre départ terrestre, nous ne pourrons plus rien changer.

Souvent, certaines personnes comptent sur la grâce de Dieu, sur l’Amour de Dieu mais ignorent totalement sa Justice. Or, nul ne peut avancer sans la justice de Dieu. Dieu nous dit qu’il a gravé sa Loi dans nos cœurs afin que nous la pratiquions. Dieu nous a donné la foi car c’est le Père qui nous attire à son Fils et c’est le Fils qui nous conduit au Père. Il n’y a aucune autre alternative.

Aussi, aujourd’hui, rassemblés pour fêter la venue du Messie dans le monde, rassemblés pour fêter la Lumière qui est venue briller dans les ténèbres, rassemblés pour honorer le privilège d’être appelés enfants de Dieu, persévérons sur le chemin qui mène au Père, marchons à la suite de Jésus. Jésus nous a préparé une place dans la maison de son Père. La seule place que l’être humain lui a laissée sur terre a été la Croix à Golgotha. Aujourd’hui, on tente encore d’effacer sa place, d’effacer la Nativité pour mettre une fête quelconque. Le vrai chrétien est un obstacle pour les ténèbres. Réjouissons-nous car Jésus a dit « je reviendrai et je vous prendrai avec moi afin que là où je suis, vous y soyez aussi » Jn14.3

Comme l’a dit Paul « Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. » 1Co2.2  car c’est du haut de la Croix que Christ a payé le prix exorbitant de notre rachat, de notre rançon et c’est en contemplant la Croix que nous nous savons rachetés et aimé de Dieu. Le don de sa vie nous donne accès au Royaume éternel de Dieu.

Alors, la question qu’il faut nous poser en ce temps de Noël, ai-je fait une place à Jésus dans ma vie, ou, pour le dire autrement, l’ai-je accueilli comme il se doit. Ou bien l’ai-je accueilli comme ces gens de Bethlehem ?

Frères et sœurs, permettons à Dieu de vivre pleinement en nous, vivons de sa paix, de sa joie, de sa patience, de son amour.

Dieu a tout ce qu’il nous faut pour être heureux, pour ne pas être dans la peur, dans l’angoisse mais bien souvent, nous ne le laissons pas agir, et ce, sans même nous en rendre compte. Nous avons tellement l’habitude de gouverner nos vies. Cette autonomie, cette vie à l’écart de la vie de Dieu, ne peut nous conduire dans sa présence, ce qui est inévitable. En ce jour de Noël, mettons le genou à terre devant sa glorieuse majesté, mettons nos cœurs à nu devant, Dieu est là pour nous restaurer, nous relever.

Soyons comme ces bergers, qui mis au ban de la société, ont été choisis et appelés par Dieu. Adorons, louons, exaltons le Fils de Dieu.

Que la lumière entre pleinement dans nos vies, qu’aucune partie ne reste dans l’obscurité, laissons-le œuvrer avec douceur et amour au cœur de nos vies.

Dieu est bon, il l’a prouvé en nous donnant son Fils. Que toute crainte soit ôtée de notre esprit et que tout chemin soit redressé pour aller jusqu’au Père. Que Dieu règne dans nos vies pour sa gloire.

Que la grâce de Dieu soit sur nous, qu’elle nous anime et nous conduise dans le Royaume du Fils de son amour.

A Dieu seul soit toute la gloire.

Amen.

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