Le Repos de Dieu

La semaine passée, il a été parlé de l’hôtellerie où le bon samaritain a conduit l’homme blessé, laissé pour mort.

Une analogie a été faite entre l’hôtellerie et l’Eglise, non pas l’Eglise locale, mais l’Eglise universelle, celle qui rassemble l’ensemble des chrétiens de tous les temps. Cette Eglise n’a pas de chef visible. Elle n’est pas une organisation humaine. Elle est un organisme vivant dont Christ est le chef, la tête « Il est lui-même la tête de son corps qui est l’Eglise » Col1.18

De même, c’est Christ qui bâtit l’Eglise Il le dit lui-même en s’adressant à Pierre «  Et moi, je te déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre j’édifierai mon Eglise, contre laquelle la mort elle-même ne pourra rien. » Mt16.18

Et c’est encore Lui qui ajoute ceux qui sont sauvés comme il est écrit dans le livre des Actes des Apôtres « Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu’il sauvait. » Ac2.47

1 C’est pourquoi, frères saints, qui avez part à la vocation céleste, considérez l’apôtre et le souverain sacrificateur de la foi que nous professons, 2 Jésus, qui a été fidèle à celui qui l’a établi, comme le fut Moïse dans toute sa maison.

3 Car il a été jugé digne d’une gloire d’autant supérieure à celle de Moïse que celui qui a construit une maison a plus d’honneur que la maison même. 4 Chaque maison est construite par quelqu’un, mais celui qui a construit toutes choses, c’est Dieu. 5 Pour Moïse, il a été fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur, pour rendre témoignage de ce qui devait être annoncé ; 6 mais Christ l’est comme Fils sur sa maison ; et sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions.

7 C’est pourquoi, selon ce que dit le Saint-Esprit : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, 8 N’endurcissez pas vos coeurs, comme lors de la révolte, Le jour de la tentation dans le désert, 9 Où vos pères me tentèrent Pour m’éprouver, et ils virent mes oeuvres Pendant quarante ans. 10 Aussi je fus irrité contre cette génération, et je dis: Ils ont toujours un coeur qui s’égare. Ils n’ont pas connu mes voies. 11 Je jurai donc dans ma colère: Ils n’entreront pas dans mon repos !

12 Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un coeur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. 13 Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire: Aujourd’hui! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. 14 Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement, 15 pendant qu’il est dit : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas vos coeurs, comme lors de la révolte. 16 Qui furent, en effet, ceux qui se révoltèrent après l’avoir entendue, sinon tous ceux qui étaient sortis d’Égypte sous la conduite de Moïse ? 17 Et contre qui Dieu fut-il irrité pendant quarante ans, sinon contre ceux qui péchaient, et dont les cadavres tombèrent dans le désert ? 18 Et à qui jura-t-il qu’ils n’entreraient pas dans son repos, sinon à ceux qui avaient désobéi ? 19 Aussi voyons-nous qu’ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité.

On pourrait presque se demander ce qu’il nous reste à dire et à faire en sachant tout cela car c’est dans cette Eglise que Christ prend soin de nous, c’est dans cette hôtellerie qu’il nous conduit et nous donne du repos. Et dès lors, il est juste de dire que la prise en charge est excellente, que c’est une prise en charge qui ne se trouve nulle part ailleurs, elle est parfaite.

On pourrait d’ores et déjà conclure que le peuple de Dieu est dans la béatitude totale et qu’il n’y a rien à ajouter.

Et cependant, Jésus nous dit « Venez à moi, vous tous qui êtes  accablés sous le poids d’un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos.  Prenez mon joug sur vous et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes.  Oui, mon joug est facile à porter et la charge que je vous impose est légère. » Mt11.28-30

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La conclusion énoncée à l’instant est donc fausse, caduque. Jésus nous demande une chose : « venez à moi … et je vous donnerai du repos. »

De fait, la similitude avec le bon samaritain est un peu faussée. L’homme était incapable de se rendre lui-même dans l’hôtellerie pour recevoir les soins appropriés et le bon samaritain a dû le prendre en charge. Donc l’image du bon samaritain et de l’homme blessé ne tient pas.

Mais, est-ce bien vrai ? Sommes-nous capables de nous rendre dans l’hôtellerie de nous-mêmes, de venir à Jésus de nous-mêmes ? Par nous-mêmes ?

La réponse nous est donnée par Jésus qui dit « Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » Jn6.44 En fait, pour garder l’image de l’hôtellerie, personne ne peut y entre par lui-même.

Il est possible de dire, en résumé, que le Père attire à Jésus ceux qu’il sauve Ac2.47 et ceux qu’il sauve peuvent entendre  Jésus leur dire venez à moi, afin que je vous donne du repos. Mt11.28

Mais ce repos, quel est-il, comment y parvenir et en vivre ?

L’épître aux Hébreux nous dit clairement que c’est Dieu qui ouvre la porte ou non, qui permet l’accès ou non au repos.

La question qu’il convient de se poser est : quelles sont les conditions d’accès à ce repos ?

C’est encore Jésus qui donne la réponse à cette question. « Prenez mon joug et vous trouverez du repos. » Mt11.30

La réponse immédiate qui viendrait pourtant à l’esprit pourrait être, mais cela vient de la grâce de Dieu, elle est sans condition, c’est le don gratuit de Dieu !

Oui … mais …

La lecture qui a été faite nous dit que « nous avons part à la vocation céleste » ou dans la version dite du Semeur « nous qui appartenons à Dieu et qu’il a appelés à avoir part aux biens célestes. » Ce verset pourrait aussi s’écrire, selon ce que nous dit la Bible d’étude du Semeur, que Dieu nous a appelés à « vivre sur la terre une vie de qualité céleste »

Afin que cela se réalise, le chemin du Salut devait être ouvert. Le chapitre précédent qui introduit ce passage nous dit que « Dieu veut conduire beaucoup de fils pour participer à sa gloire » Hé2.10

Qui d’autre que Jésus pouvait nous ouvrir le chemin, pouvait nous purifier par son sang, par ses souffrances, par son sacrifice parfait. Lui seul pouvait payer le prix.

Le pouvoir de la mort a été réduit à l’impuissance. Et c’est ainsi que Dieu peut nous appeler à avoir part aux biens célestes, à avoir part à la vocation céleste.

Pourtant, en lisant ce chapitre, il est écrit que Dieu a fermé la porte de son repos aux Hébreux qui ont quitté l’Egypte. Nous savons tous qu’à part Josué et Caleb, aucuns de ceux qui ont quitté l’Egypte ne sont entrés en Canaan.

Que nous est-il dit ? Il est parlé d’infidélité, de désobéissance, de manque de foi.

Il est parlé de cœurs endurcis qui ont tenté d’éprouver Dieu.

Et là, l’épître nous parle d’un Dieu irrité et en colère, un Dieu qui ferme la porte ! Trop, c’est trop.

Souvent, dans notre foi, nous nous focalisions sur l’amour, la grâce, le pardon et nous oublions la justice de Dieu, la sainteté de Dieu.

Car comment participer à la gloire que Dieu veut partager avec nous si notre repentance n’est pas sincère, si notre obéissance n’est pas véritable, si notre fidélité est tiède, si notre foi est plus que défaillante.

Participer à la gloire de Dieu, cela signifie, entrer dans son repos, s’abandonner à Lui, lui faire confiance.

Mais le repos de Dieu, ce n’est pas le farniente, la paresse, l’irresponsabilité, c’est comme nous le dit Jésus, prendre son joug.

Nous avons tellement de difficulté à faire confiance à Dieu et à le laisser œuvrer dans nos vies, à nous abandonner à lui, comme si l’anxiété, le mal-être pouvaient faire évoluer les choses.

Je me permets ici, une petite analogie pour illustrer cela.

 

Lorsque nous étions dans le ventre de notre mère, est-ce que nous nous demandions comment se déroulait notre croissance, quel allait être notre devenir, à la sortie, quelles études ferions-nous ? Non ! Nous n’avions aucune idée de ce qui allait arriver. Nous grandissions à l’abri, préservés. Nous sommes passés en 9 mois par différents stades que nous avons encore du mal à concevoir et à comprendre aujourd’hui.

Nous sommes-nous demandés s’il fallait faire confiance à Dieu pendant ces 9 mois ? Non! Etions-nous même capables de penser ? Nul ne pourrait le dire. Et pourtant, nous sommes bien là. Comprenons que Dieu prend soin de nous dès notre conception. Il dit même qu’il nous connaît de toute éternité.

En effet, l’Ecriture nous dit  « En lui, bien avant de poser les fondations du monde, il nous avait choisis pour que nous soyons saints et sans reproche devant lui. Puisqu’il nous a aimés, il nous a destinés d’avance à être ses enfants qu’il voulait adopter par Jésus-Christ. » Ep1.4-5

Il nous faut comprendre que ce choix, cette élection a pour but notre sainteté, notre sanctification. Nous sommes choisis pour être saints. C’est dans ce but que Jésus nous dit « mon joug est facile à porter et la charge que je vous impose est légère. » Mt11.30

Ici, il faut noter que Jésus ne nous propose pas de porter son joug, il nous dit, la charge que je vous IMPOSE est légère.

Il ne nous demande pas de choisir comment nous désirons entrer dans son repos. Il n’y a pas un catalogue où il nous faut faire un choix selon notre bon vouloir, non, il nous impose une charge légère.

C’est en prenant cette charge que nous entrons dans le repos de Dieu, que nous avons part à la vocation céleste.

Est-ce que tout le monde répond à la vocation céleste ? Qui peut répondre à une telle question ? Mais il est possible de prendre un exemple bien connu.

Judas l’Iscariot a été choisi par Jésus. Je sais, il a été choisi comme l’homme de perdition. Pourtant, au même titre que tous les apôtres, il a suivi Jésus, il a vu les guérisons, les miracles que Jésus accomplissait. Le cœur endurci qu’il avait n’a jamais changé. Jésus l’a appelé mais je crois pouvoir dire que sa vocation n’a pas été céleste. Ses yeux n’étaient pas fixés sur Jésus mais sur des projets terrestres, purement humains.

La vocation céleste, l’accès au repos de Dieu, c’est inscrire nos vies hors des projets de ce monde.

Pourtant, le prophète Jérémie nous dit de la part de Dieu « Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. » Jr29.11

Dieu a des projets de paix et prépare un avenir pour son peuple. Les projets et l’avenir du peuple de Dieu passent par une transformation intérieure de ce peuple.

Dieu a un avenir plein d’espérance pour nous, mais pour cela, il nous faut être prêts à accepter que Dieu règne dans nos vies, que sa majesté soit visible dans nos vies, que la sainteté à laquelle il nous appelle, nous impose comme fardeau léger, comparativement au lourd fardeau que nous impose le monde.

Jésus vivait dans le repos de son Père. Cela ne l’a pas empêché d’être rejeté, conspué et mis à mort.

Mais La seule chose qu’il désirait était d’accomplir la volonté de son Père, passer du temps avec Lui, sonder les Ecritures. D’ailleurs, à l’âge de douze ans déjà, n’interpellait-il pas les docteurs de la Loi ?

Ses disciples ont bien vu la relation privilégiées qu’il avait avec Dieu son Père et lui ont demandé de leur apprendre à prier, d’où la prière du « Notre Père » d’une profondeur incomparable.

Même si Jésus n’avait où poser sa tête, comme le dit l’Ecriture, il vivait dans le repos de Dieu. C’est là qu’il puisait sa force, c’est là que la puissance de Dieu opérait chaque jour en lui.

C’est dans le repos de Dieu, selon sa vocation, qu’il a pu accomplir la volonté de son Père jour après jour.

Jésus nous a donné son exemple à suivre. Il n’y a pas de manuel. Bien des livres ont été écrits pour nous dire comment faire. Mais le seul livre qui nous montre vraiment comment faire, c’est la Bible, c’est le livre à lire et à méditer toute notre vie.

Et à chaque lecture, à chaque méditation, à chaque enseignement reçu, la compréhension en est approfondie, la vision céleste en est révélée et le repos de Dieu est vécu.

C’est dans la prière, dans l’étude de la Parole, dans la connaissance de la Parole et dans la mise en pratique de cette Parole que nous entrons chaque jour, davantage, dans le repos de Dieu.

Il nous faut bien comprendre que le sacrifice de Christ, ce n’est pas l’immunité collective.

Si le prophète Malachie nous dit que Dieu désire ouvrir les écluses des cieux pour nous, comprenons bien le fonctionnement d’une écluse. Lorsqu’un bateau entre dans une écluse, soit il descend, soit il monte de niveau.

Si nous ne désirons que connaître la bénédiction qui descend, nous allons être malheureux. Or, Dieu a des projets de bonheur pour nous, mais faut-il encore définir ce qu’est le bonheur aux yeux de Dieu. A ce sujet, le Psaume 119 apporte une réponse étayée.

Ne désirons pas seulement la bénédiction qui descend mais celle qui nous fait monter auprès de Dieu, dans sa sainte présence. C’est là notre vocation céleste, elle dirige nos regards vers le Christ et non vers les choses terrestres, les choses visibles.

Mais il est aussi vrai que nous avons du mal à intégrer dans nos esprits que le jour vient où nous partirons et nous laisserons tout derrière nous. Cela signifie que nos projets terrestres doivent  être mis en œuvre pour la seule gloire de Dieu.

Notre futur foyer, notre future demeure est préparée par Christ. Il est l’époux.

Dans un temps reculé, que nos jeunes ne connaissent pas, une fiancée préparait son trousseau avant de se marier. Et cela pouvant prendre des années. Il fallait penser à tout, ne rien oublier, être vigilant, méticuleux.

Si nous transposons cela dans le domaine spirituel, nous devons préparer, mettre en œuvre, tout ce qui nous rapproche des noces de l’Agneau, nous devons préparer notre trousseau, qui ne sont autres que les œuvres bonnes préparées d’avance par Dieu et accomplies par nous, avec l’aide de Jésus-Christ.

La fiancée se préparait pour partir habiter le jour des noces avec son époux.

L’Eglise universelle est la fiancée qui se prépare pour les noces de l’Epoux. Elle se prépare pour habiter à jamais avec l’Epoux, le Christ-Jésus.

Le banquet est préparé et nul ne pourra s’y rendre sans habits de noces, sans sa robe lavée dans le sang de l’Agneau immolé.

Rendons-nous à l’évidence. Dans ce monde occidental où tout va vite, où chacun court en tous sens, court après le temps pour accomplir toutes les tâches, utiles ou que nous croyons utiles, voire indispensables, nous avons du mal à prendre du temps pour méditer la Parole de Dieu, pour prier.

Nos corps souffrent de manque de repos. Et la prière devient une prière souvent sans réelle consistance. Or, nul ne peut bâcler sa relation avec Dieu.

Cette attitude des Eglises locales, pas l’Eglise universelle, a été anticipée par Jésus. Il a posé cette question, il y a 2000 ans déjà, « Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera t’il la foi sur la terre ? » Lc18.8

Mais à ceux qui persévèrent et qui demeurent dans l’espérance, dans la foi, Jésus leur dit « Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. » Jn14.3

Notre espérance ici-bas et notre foi, sont nourries dans, et par, le repos de Dieu, dans la Parole de Dieu, dans la prière, car c’est là notre vocation céleste qui nous conduit à glorifier Dieu dans les œuvres que nous accomplissons et qui sont préparées d’avance par Lui.

Il nous faut donc prendre le joug doux et léger que Jésus nous impose, non pour nous mettre un fardeau, mais pour nous ôter le poids d’un lourd fardeau, le lourd fardeau de ce monde, comme il a été dit.

Jésus ne nous dit pas autre chose que : soumettez-vous à mon autorité, recevez mon enseignement, je veux vous révéler l’amour de mon Père afin qu’il soit votre Père, mon Père vous aime et vous êtes ses enfants. C’est encore ce que nous dit la Parole « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu! Et nous le sommes. » 1Jn3.1

Nous qui appartenons à Dieu, soyons attentifs et à son écoute. Entrons chaque jour dans son repos, ressourçons-nous en Lui et accomplissons sa volonté.

Que notre vocation céleste soit affermie dans nos vies. Que nos regards soient tournés vers notre Souverain Sacrificateur, notre Roi et notre Dieu qui nous a ouvert le chemin du salut par son sang précieux versé à la croix. Soyons fidèles afin de ne pas nous égarer. Marchons dans les voies du Seigneur. Exhortons-nous les uns les autres afin de ne pas céder à la tentation.

Soyons obéissants et soumettons-nous à notre Dieu qui n’a pas épargné son Fils bien-aimé par amour pour nous. Entrons avec persévérance et joie dans le repos de Dieu.

Amen.

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