L'Église de Laodicée

Comme pour les six églises précédentes que nous avons vues, l’église de Laodicée dont il est question aujourd’hui représente, elle aussi, l’Eglise universelle, physique et matérielle de tous temps et de tous lieux. Comme les six autres, elle ne doit pas être assimilée à l’Eglise invisible.

Cette septième et dernière lettre commence elle aussi par “Écris à l’ange”. L’ange est le messager, l’envoyé de Dieu pour une mission précise.  Il transmet le message de la part du Christ à l’Eglise.

Cette lettre de Laodicée, s’articule autour de 3 axes, à savoir une « mise en garde », un « appel au changement de comportement » et une « promesse au vainqueur ».

Avant de voir ces trois axes, il est utile de s’intéresser à quelques particularités historiques de cette ville.

14 Écris à l’ange de l’Église de Laodicée : 

Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu: 15 Je connais tes oeuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! 16 Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. 17 Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, 18 je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. 19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. 20 Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. 21 Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. 22 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises !

C’est en 133 av J.C que Laodicée passe sous l’autorité romaine.

Laodicée est une ville qui a connu des séismes importants, ce qui ne l’empêche pas d’être prospère. Elle est connue pour ses institutions bancaires, son industrie textile, mais aussi, sa faculté de médecine dont un collyre renommé. Son problème majeur est qu’elle n’a aucune source d’eau potable.

Seules des sources d’eau tiède et trouble, qui provoque des vomissements, auraient environné la ville.

Deux villes sont à proximité de Laodicée, Colosses, à l’est, qui a des sources d’eau froide et pure, de l’eau potable donc, et Hiérapolis, au nord, avec des sources d’eau très chaudes aux vertus médicinales. La ville de Laodicée était alimentée en eau potable par l’intermédiaire d’un Aqueduc depuis la ville de Hiérapolis. Et on pense que cette eau arrivait tiède à Laodicée, et qu’il fallait donc la refroidir avant de la boire…

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Ici les termes adressés à Laodicée aux versets 15 et 16 résonnent : « froid », « bouillant » et « tiède ».

Ces versets peuvent être compris comme un reproche adressé par Jésus à cette Église parce qu’elle n’est pas assez bouillante, sous-entendu, pas assez enthousiaste pour servir le Seigneur. Mais alors, comment comprendre que Jésus préférerait qu’elle soit froide !

Ici, il s’agit d’une métaphore. Il est bon de profiter des bienfaits de l’eau très chaude et de boire de l’eau qui désaltère. Mais boire de l’eau tiède et trouble qui donne des vomissements n’est pas une bonne chose.

Ici, Jésus reproche à Laodicée sa tiédeur envers la Vérité de l’Evangile. Son témoignage n’est pas vivant et sa compromission avec le monde païen est tenace. De fait, ses paroles et ses actes ne témoignent pas du Christ. Cette église qui vit dans une ville prospère et qui est elle-même prospère matériellement ne sait pas comment Christ la voit. Il dit d’elle «tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu ».

Parce que cette église est tiède, Christ dit qu’il la vomira de sa bouche. Cette église est assimilée à l’eau tiède qui fait vomir. La réalité historique de cette ville dépeint la réalité spirituelle de cette église.

Dans cette lettre, Jésus se présente comme « l’Amen, le témoin fidèle et véritable, qui est à l’origine de tout ce que Dieu a créé ». Amen est un terme hébreu utilisé pour renforcer ou confirmer un propos. Son sens revient pour ainsi dire à, « en vérité ». Jésus est la vérité et lui seul peut affirmer être l’Amen, la vérité, le vrai témoin fidèle digne de confiance et qui conduit à la foi.

Ce verset reprend aussi les propos dans l’Evangile selon Jean « Toutes choses ont été faites par elle (la Parole) et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. » (Jn 1,3) L’Epître aux Hébreux dit « il est le même hier, aujourd’hui et éternellement. » (He 13,8) Dieu ne varie pas, la Vérité ne varie pas.

Jésus connait toute chose. Et ici, comme dans les six autres lettres, Jésus dit « je connais tes œuvres ». C’est une connaissance divine et non humaine dont il s’agit. C’est pour cette raison qu’il adresse une sévère mise en garde à cette église.

La mise en garde

Laodicée est aveuglée par les richesses matérielles, par sa suffisance et son orgueil. Cette Eglise ne réjouit pas le cœur du seigneur.

Sa connaissance de Dieu est une connaissance formelle, intellectuelle ou philosophique. Son amour pour Dieu est tiède.

La connaissance à laquelle Dieu appelle le chrétien est une connaissance par la foi. Dieu appelle le chrétien a une relation avec lui afin d’apprendre de lui, afin de vivre dans son Amour et de l’aimer.

Cette Eglise croit voir clair, croit être riche. Dieu la voit nue et aveugle. 

Cette église peut attirer l’estime des hommes. Elle peut avoir une bonne réputation et tout faire pour la conserver. Ce n’est pas à une bonne réputation que Dieu appelle le chrétien mais à une obéissance à sa Parole.

Cette église ne nourrit pas ceux qui y viennent car ce n’est pas de l’eau vive qui leur est donnée mais de l’eau tiède qui fait vomir. Ce n’est pas non plus de l’eau chaude qui guérit, non seulement de l’eau tiède.

Paul décrit ce qu’il serait s’il avait « la science de tous les mystères » mais « si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. » ( 1 Corinthiens 13).

Ici, le tiède pourrait être défini comme celui qui connait la Parole de Dieu mais qui, faute de foi et de persévérance, ne saisit pas les moyens de grâce que Dieu met à sa disposition, ne saisit pas l’Amour de Dieu afin de monter en température et devenir bouillant pour Dieu. Laodicée vit une situation stationnaire de la vie chrétienne et croit être arrivée au firmament.

Face à une telle situation, Jésus, dans sa grâce et son amour l’appelle à la repentance

L’appel au changement de comportement 

Jésus donne un conseil avisé à cette église. Ce conseil ne peut être écouté et mis en pratique que par la repentance.

Jésus dit « Je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu afin que tu deviennes riche ». Le Seigneur veut réveiller cette église. Il veut que cette église réalise sa situation réelle, qu’elle cesse d’être aveugle. Le Seigneur veut l’enrichir de dons qu’il a en réserve pour elle. La richesse qu’il veut donner à cette église est une richesse spirituelle. Christ aimerait pouvoir dire à cette église ce que Paul a dit à l’église de Corinthe « Car en lui vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance. » (1Co 1,5)

C’est cette richesse-là qui rend bouillant.

Acheter de l’or éprouvé par le feu. Mais qui peut l’acheter ?

L’or éprouvé conduit à la séparation du péché et, à Laodicée, à la séparation de l’idolâtrie. La foi de cette église doit être éprouvée par le feu afin qu’elle porte du fruit. C’est cette situation que l’Apôtre Pierre décrit « … afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus Christ apparaîtra » (1 Pi 1-7).

Acheter avec Dieu signifie recevoir gratuitement comme le dit Esaïe « Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, Même celui qui n’a pas d’argent! Venez, achetez et mangez, Venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer!  Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas? Écoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, Et votre âme se délectera de mets succulents ». (Es 55 :1-2)

L’or éprouvé par le feu est une foi qui résiste à la tentation et peut ainsi recevoir les richesses spirituelles que le Seigneur veut donner gratuitement à son Eglise.

Acheter des vêtements blancs

Le vêtement blanc est un symbole de pardon et de pureté. Il est l’image de la purification du péché qui est souvent l’idolâtrie et de tout ce qu’elle implique. Il est donné aux rachetés, à ceux qui sont restés fidèles malgré les épreuves.

Acheter un collyre

Ici encore, une référence au collyre renommé de la ville de Laodicée.

Mais ici, le Seigneur veut appliquer un collyre spirituel afin que l’église voie enfin clair sur sa situation désastreuse. L’église a besoin de voir comme Christ la voit. Son aveuglement, son entêtement la fait demeurer dans la pauvreté spirituelle.

Oindre ses yeux d’un collyre, c’est être oint par l’Esprit de Dieu. 

Jésus emploie le futur pour dire « je te vomirai de ma bouche » mais il emploi le présent pour lui dire « je reprends et je châtie ceux que j’aime ».

Dieu a de l’amour pour cette église et ne désire nullement la vomir de sa bouche. Aussi, il l’appelle à la repentance. C’est par la repentance que l’église de Laodicée peut acheter de l’or éprouvé, un vêtement blanc et un collyre.

Dans son amour qui ne change pas, le Seigneur veut amener cette église à un profond changement, à un retournement intérieur afin de recevoir les richesses innombrables de Dieu.

Jésus informe cette église de sa présence à leur porte. Il frappe, il attend qu’on lui ouvre. Une promesse est faite à celui qui l’accueille avec amour, foi, sincérité et joie.

La promesse au vainqueur

Le Seigneur ne s’impose pas. Il désire un cœur qui l’accueille avec ferveur. Il propose de partager un repas. C’est un repas anticipé car il s’agit du banquet des noces de l’Agneau. C’est là une invitation à entrer dans le Royaume de Dieu pour l’éternité dès aujourd’hui. C’est l’aujourd’hui de Dieu qui est offert à cette église. Pour cela, la communion entre Dieu et son église doit être rétablie et demeurer.

Pour ouvrir la porte au Seigneur, il faut aussi reconnaître sa voix.

Le Seigneur connaît ses brebis et les appelle. Il marche devant elles, elles entendent sa voix, elles connaissent sa voix. « Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. … les brebis entendent sa voix; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent … il marche devant elles; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. » (Jn 10,2-4

Le Seigneur appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent. Ce qui est formidable est que parce qu’elles lui appartiennent, elles peuvent reconnaître sa voix et le suivre.

C’est de l’extérieur que le Seigneur vient vers cette église. Il frappe à la porte et se fait reconnaitre par sa voix. En juxtaposant le texte de l’Evangile avec le texte de l’Apocalypse, une promesse grandiose apparait. Les brebis qui appartiennent au Seigneur ne peuvent que le suivre à l’écoute de sa voix.

A tous ceux qui écoutent sa voix et le suivent, à tous ceux qui se détournent du péché et se repentent, Dieu les accueille au banquet des noces de l’Agneau. A tous ces vainqueurs dans la foi au Christ-Jésus, il leur est donné de siéger sur le trône comme lui-même. Cette glorieuse promesse signifie le triomphe du chrétien sur le péché et sur le monde par son union avec le Christ.

La victoire appartient à Christ et c’est uni en lui, en étant un avec lui que le chrétien a aussi la victoire.  C’est caché en Christ que l’Eglise peut vivre une vie de victoire sur le péché et être aimé par Dieu pour l’éternité.

Conclusion

Par la présence de Dieu dans nos vies sa lumière transparaît dans notre regard et sa richesse se dévoile dans nos paroles et nos actes ! Nous éprouvons paix, joie et bonheur de vivre en communion avec « notre Père ».

Si quelqu’un pense avoir fait fausse route, le Seigneur rappelle dans cette lettre qu’il « reprend et corrige tous ceux qu’il aime ».

Cette lettre nous montre combien l’amour de Dieu le pousse à avertir son église lorsqu’elle prend une voie non conforme à sa volonté. Il connait les dangers que rencontre l’église en tout temps et en tous lieux.

L’histoire de l’Eglise est parsemée de corruption, de mensonge, d’hypocrisie, de dissimulation et d’adultère en tout genre. Le témoignage de l’église a été corrompu par le péché et l’église s’est affaiblie.

Lorsque le Seigneur dit « je te vomirai de ma bouche », c’est une mise en garde réelle et une sanction annoncée pour l’église qui ne se repent pas.

Mais cette lettre est aussi un encouragement à la repentance. Dieu est grâce et pardon. Il désire toujours guérir, relever et renouveler ses enfants. L’église est le troupeau de son pâturage et cela signifie que le témoignage vivant est indispensable. Sa présence au milieu de nous apporte la guérison (l’eau chaude) et le rafraichissement spirituel (l’eau froide).

L’église ne peut faire l’économie d’une remise en question si elle désire assister au banquet des noces de l’Agneau.

Tout comme le Seigneur appelle l’église de Laodicée à la repentance, laissons-nous interpeller par ce message.

Se repentir, c’est avoir le désir de retrouver une réelle communion avec Dieu car il nous aime et veut ôter la nudité de son église et la revêtir d’un vêtement blanc. Il veut ôter sa cécité et oindre ses yeux de son collyre.

Le seigneur invite son église à se désaltérer auprès de lui car comme le dit l’Ecriture « Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein. » (Jn 7,38)

Dans sa bonté, Dieu frappe à la porte et appelle ses brebis. Celles qui connaissent sa voix répondront à son appel et le suivront jusque dans l’éternité.

Ecoutons ce que le Seigneur veut dire à son église « Je t’aime d’un amour éternel; C’est pourquoi je te conserve ma bonté. » (Jr 31,3)

A Dieu seul soit toute la gloire. Amen.

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