Les deux Lazare

Les récits que nous venons de lire (voir encadrés ci-dessous) parlent, d’une part, de deux hommes appelés Lazare et, d’autre part, de mort et de résurrection.

Bien que les champs d’action soient diamétralement opposés, le résultat est quasi identique et nous allons voir en quoi.

– Nous allons essayer de voir ce que ces deux récits nous apprennent sur la nature humaine et sur la nature de Dieu.

– Nous verrons l’importance de la foi et ce qu’il advient dans « l’au-delà» lorsqu’elle manque « ici-bas».

– Nous verrons que les deux Lazare auraient pu être un seul homme et pourquoi, tout en passant tous deux par le tombeau, l’un revient … momentanément, et l’autre pas.

Le récit qui concerne un des deux Lazare est une parabole quand l’autre récit parle d’un ami de Jésus.

Les deux récits ont en commun qu’ils parlent de « l’au-delà » et de « l’ici-bas » et que Jésus connaît les deux.

Les deux récits ont en commun que les deux Lazare ne prononcent aucun mot. Ils semblent spectateurs de ce qui leur arrive.

La première partie sera le récit du Lazare de Luc qui explique ce qu’est le Royaume de Dieu et la nature humaine.

19 Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. 20 Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d’ulcères, 21 et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères.

22 Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. 23 Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. 24 Il s’écria : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme. 25 Abraham répondit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. 26 D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. 27 Le riche dit : Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père ; 28 car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. 29 Abraham répondit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent. 30 Et il dit : Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. 31 Et Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait.

1 - Le Lazare de Luc

Le récit du Lazare de Luc se situe dans un contexte de paraboles.

Des paraboles de joie vont crescendo et vont de l’objet, la drachme perdue et retrouvée, à l’animal, la brebis perdue et retrouvée pour terminer avec l’humain, le fils perdu et retrouvé.

Ces trois paraboles sont suivies de celle du gérant habile où Jésus dénonce l’ambiguïté de la place de l’argent dans le cœur de l’homme. 

Avec la parabole du riche et de Lazare, les richesses du monde perdent leur attrait et la pauvreté de cœur est honorée (cf. Les Béatitudes – Matthieu 5).

Le riche qui se croyait à l’abri est perdu et le pauvre qui se croyait perdu se retrouve, à l’abri, pour toujours, dans le sein d’Abraham.

Le riche n’a pas de nom, il n’est pas connu de Dieu contrairement à Lazare qui a un nom et qui est connu de Dieu.

Les disciples et le peuple écoutent les paroles de Jésus. Les religieux font de même et se croient à l’abri, se croient riches et même riches de la compréhension des Ecritures.

Ici, Jésus veut montrer que la foi authentique trouve accès au cœur de Dieu et c’est ce qu’il désire pour  ses disciples. Il dénonce les pharisiens qui croient avoir atteint le but alors qu’ils ne sont même pas sur la ligne de départ.

Dans la parabole, le pauvre Lazare meurt, démuni de tout « ici-bas », mais accueilli « là-haut ».

La parabole ne parle pas de l’espoir de Lazare, de ces attentes, d’une quelconque plainte, il n’est parlé que de ses souffrances.

Oh, il ne demandait pas grand-chose, juste quelques miettes tombées de la table, juste quelqu’un qui aurait vu ses plaies purulentes et y aurait versé de l’huile.

Mais il n’a même pas les miettes qui tombent de la table pour se rassasier. Personne ne voit sa souffrance, il est comme transparent, inexistant. Il n’y a qu’un chien qui prend soin de lui et lèche ses plaies, juste un chien qui tente de le soulager. Il faut savoir que le chien a une connotation très négative dans la tradition judaïque, il est lié à l’impureté. Le pauvre Lazare est réconforté par un animal impur.

Le cadre de la parabole posé par Jésus ne peut qu’interpeller tout Juif qui l’écoute.

Lazare meurt, le riche aussi. Pauvre ou riche, tout être humain est confronté à la mort.

Un changement de paradigme apparaît. Celui qui profitait pleinement de la vie se retrouve dépourvu et celui qui était dépourvu se retrouve dans la félicité.

L’exemple d’un négatif de photo donne une image de ce qui se produit. L’image est inversée. Dans la parabole, la réalité s’inverse.

Jésus veut conduire ses disciples sur le chemin de la compréhension. Ils ne doivent, en aucun cas, ressembler aux pharisiens qui observent, en apparence, scrupuleusement la Loi mais qui omettent sciemment le cœur de la Loi.

Le cœur de ces hommes est tortueux et éloignés de Dieu. Jésus désire une foi authentique de la part de ses disciples.

Jésus dénonce ceux qui vivent dans un confort extrême, sans souci, égoïstement, de manière cynique, qui croient même être justifiés devant Dieu. Ils croient être à l’abri pour toujours et arrivent démunis devant le Dieu de justice, le Grand Juge.

Du haut des cieux, le riche, dans les tourments, demande pitié, lui qui n’a pas eu pitié de Lazare. Le riche appelle Lazare, et le considère à son service. Il demande sa résurrection pour avertir la maison de son père, pour avertir ses cinq frères. Que lui importe la consolation de Lazare auprès d’Abraham, que lui importe qu’il soit privé de la consolation dans le sein d’Abraham. Que lui importe qu’il retourne d’où il vient du moment qu’il accomplit ce que lui désire.

Mais c’est trop tard !!!

Abraham répond que « ses frères ont les écrits de Moïse et des prophètes et que s’ils n’écoutent ni Moïse ni les prophètes, ses frères ne se laisseront pas davantage convaincre par un mort revenant à la vie! »

Abraham lui dit aussi « il y a maintenant un immense abîme entre nous et vous et, même si on le voulait, on ne pourrait ni le franchir pour aller d’ici vers vous, ni le traverser pour venir de chez vous ici. »  

Les choix qui sont faits « ici-bas » déterminent notre lieu d’éternité. Le choix de se croire au-dessus des autres, le choix d’être suffisant et méprisant, engage notre éternité.

C’est l’orgueil de l’être qui est la racine du mal qui détruit.

Cette parabole indique que l’injustice ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.

Jésus n’adresse pas cette parabole à des païens mais à des Juifs qui connaissent les Ecritures.

Jésus indique qu’il n’y a plus de possibilité de changement dans « l’au-delà », contrairement à la possibilité de changement dans « l’ici-bas ».

Cette parabole s’éclaire à la lumière du récit du Lazare de Jean.

Contactez/suivez-nous

1 Il y avait un homme malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa soeur. 2 C’était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c’était son frère Lazare qui était malade. 3 Les soeurs envoyèrent dire à Jésus : Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade. 4 Après avoir entendu cela, Jésus dit : Cette maladie n’est point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. 

5 Or, Jésus aimait Marthe, et sa soeur, et Lazare. 6 Lors donc qu’il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était, 7 et il dit ensuite aux disciples: Retournons en Judée. 8 Les disciples lui dirent : Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes en Judée! 9 Jésus répondit : N’y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quelqu’un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; 10 mais, si quelqu’un marche pendant la nuit, il bronche, parce que la lumière n’est pas en lui. 11 Après ces paroles, il leur dit : Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller. 12 Les disciples lui dirent : Seigneur, s’il dort, il sera guéri. 13 Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu’il parlait de l’assoupissement du sommeil. 14 Alors Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort. 15 Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n’étais pas là. Mais allons vers lui. 16 Sur quoi Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : Allons aussi, afin de mourir avec lui. 

17 Jésus, étant arrivé, trouva que Lazare était déjà depuis quatre jours dans le sépulcre. 18 Et, comme Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ, 19 beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère. 

20 Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison. 21 Marthe dit à Jésus : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. 22 Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. 23 Jésus lui dit : Ton frère ressuscitera. 24 Je sais, lui répondit Marthe, qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. 25 Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; 26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? 27 Elle lui dit : Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde. 

28 Ayant ainsi parlé, elle s’en alla. Puis elle appela secrètement Marie, sa soeur, et lui dit : Le maître est ici, et il te demande. 29 Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui. 30 Car Jésus n’était pas encore entré dans le village, mais il était dans le lieu où Marthe l’avait rencontré. 31 Les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, l’ayant vue se lever promptement et sortir, la suivirent, disant : Elle va au sépulcre, pour y pleurer. 

32 Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu’elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. 33 Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. 34 Et il dit : Où l’avez-vous mis ? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois. 

35 Jésus pleura. 36 Sur quoi les Juifs dirent: Voyez comme il l’aimait. 37 Et quelques-uns d’entre eux dirent : Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne mourût point ? 

38 Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C’était une grotte, et une pierre était placée devant. 39 Jésus dit : Otez la pierre. Marthe, la soeur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu’il est là. 40 Jésus lui dit : Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? 41 Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit: Père, je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé. 42 Pour moi, je savais que tu m’exauces toujours ; mais j’ai parlé à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. 43 Ayant dit cela, il cria d’une voix forte : Lazare, sors! 44 Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d’un linge. Jésus leur dit : Déliez-le, et laissez-le aller. 

45 Plusieurs des Juifs qui étaient venus vers Marie, et qui virent ce que fit Jésus, crurent en lui. 46 Mais quelques-uns d’entre eux allèrent trouver les pharisiens, et leur dirent ce que Jésus avait fait. 

47 Alors les principaux sacrificateurs et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin, et dirent: Que ferons-nous ? Car cet homme fait beaucoup de miracles. 48 Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation. 49 L’un d’eux, Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit : Vous n’y entendez rien ; 50 vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. 51 Or, il ne dit pas cela de lui-même ; mais étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. 52 Et ce n’était pas pour la nation seulement ; c’était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés. 

53 Dès ce jour, ils résolurent de le faire mourir. 54 C’est pourquoi Jésus ne se montra plus ouvertement parmi les Juifs ; mais il se retira dans la contrée voisine du désert, dans une ville appelée Éphraïm ; et là il demeurait avec ses disciples. 

55 La Pâque des Juifs était proche. Et beaucoup de gens du pays montèrent à Jérusalem avant la Pâque, pour se purifier. 56 Ils cherchaient Jésus, et ils se disaient les uns aux autres dans le temple : Que vous en semble ? Ne viendra-t-il pas à la fête ? 57 Or, les principaux sacrificateurs et les pharisiens avaient donné l’ordre que, si quelqu’un savait où il était, il le déclarât, afin qu’on se saisît de lui.

2 - Le Lazare de Jean

Le récit du Lazare de Jean montre une autre approche du Royaume de Dieu et de la nature humaine. C’est la deuxième partie.

Ce récit fait la transition entre le ministère de Jésus et sa Passion, sa mise au tombeau et sa résurrection.

Lazare meurt et Jésus n’a rien fait pour l’en empêcher, au contraire, il permet que cela arrive.

Pourquoi Jésus laisse t’il mourir son ami alors qu’il peut l’éviter ? Lazare est en quelque sorte « l’instrument privilégié » qui va faire éclater la gloire de son Père et rendre de lui le témoignage qu’il est le Messie annoncé par les Ecritures.

La mort et la résurrection de Lazare doivent être comprises comme un signe qui permet d’approfondir la connaissance du Royaume de Dieu et de fortifier la foi.

Dans ce récit, Jésus est reconnu comme le Fils de Dieu, comme le Messie.

Contrairement aux autres rencontres entre Jésus, Marthe et Marie, où Marie est toujours à l’écoute, où Marie est aux pieds de Jésus, où Marie choisit la bonne part qui ne lui sera pas ôtée, ici, c’est à Marthe, celle qui s’agite pour peu de choses (Luc 10:41), que Jésus s’adresse plus particulièrement.

De même, c’est la seule et unique fois que dans les Evangiles il est parlé de Lazare, le frère de Marthe et Marie. Une seule et unique fois qui va marquer l’esprit les chrétiens de toutes les générations.

Jésus dit à Marthe qu’il est, dès aujourd’hui, dans le temps présent, la résurrection et la vie.

Tout comme Marthe, beaucoup croient à la résurrection au dernier jour mais elle ne comprend pas le don de la vie éternelle dès à présent, dès « ici-bas ».

Lorsque Jésus demande que l’on ôte la pierre, Marthe s’oppose timidement à l’idée et Jésus lui rappelle « ne t’ai-je pas dit, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »

Avant d’écouter Jésus ordonner à Lazare de sortir, il faut garder à l’esprit la parabole concernant le Lazare de Luc.

Contrairement à la parabole, il n’est pas dit que Lazare est dans le sein d’Abraham, même s’il n’est pas faux de le penser. Rien n’est dit sur « l’au-delà ». Or, Dieu, par son Fils et, pour son Fils, décide que Lazare va revenir « d’en haut », « ici-bas ». Il n’est pas dit que Lazare a été mis au courant de son retour. Comme dans la parabole, Lazare ne s’exprime pas.

Et Jésus ordonne « Lazare sors ! » Et voilà Lazare qui revient à la vie sur l’ordre de Celui qui a reçu tout pouvoir de son Père, de Celui qui est la résurrection et la vie.

Lazare revient parmi les vivants, non pour avertir ses sœurs, elles connaissent déjà Celui qui est la résurrection et la vie. Non, il revient pour servir de témoignage.

La résurrection de Lazare n’est pas une demande pour satisfaire une fratrie mais un privilège donné au peuple de Dieu, pour glorifier le Créateur, le Dieu vivant.

Pourtant, eux aussi avaient les Ecrits de Moïse et des prophètes qui annoncent la venue du Messie, la venue de Celui qui est la résurrection et la vie. Ce sont ces Ecrits qui prennent vie en un seul instant sous les yeux du peuple de Dieu.

Ici, ce n’est pas de « l’au-delà » que la résurrection a été demandée, mais de « l’ici-bas ».

Beaucoup de ceux qui sont présents croient alors en Jésus, croient qu’il est le Messie. Ils sont stupéfaits et se réjouissent de ce miracle incroyable, de l’accomplissement des Ecritures.

Oui, mais voilà, certains ne sont pas satisfaits et ne se réjouissent pas. Ils courent informer les pharisiens du miracle que Jésus vient d’accomplir. Jésus a osé être est en conformité avec la Loi de Dieu, il révèle qui il est.

Mais alors, les pouvoirs terrestres, les richesses éphémères, les places de choix dans les banquets (Matthieu 23:6), … les pharisiens risquent de tout perdre. Il faut maintenir l’ordre à tout prix, non pas pour le peuple mais pour eux, pour conserver les richesses insignifiantes de ce monde aux yeux de Dieu.

Ici, deux attitudes s’opposent : la joie et la colère, joie du Messie révélé, colère de ceux qui risquent de tout perdre.

9 Une grande multitude de Juifs apprirent que Jésus était à Béthanie; et ils y vinrent, non pas seulement à cause de lui, mais aussi pour voir Lazare, qu’il avait ressuscité des morts. 10 Les principaux sacrificateurs délibérèrent de faire mourir aussi Lazare, 11 parce que beaucoup de Juifs se retiraient d’eux à cause de lui, et croyaient en Jésus. John 12:9-11

3 - Les deux Lazare

Ici, les récits des deux Lazare se rejoignent. Ce sera le troisième point.

Dans la parabole, le riche, qui n’est plus riche du tout, demande que Lazare aille prévenir ses cinq frères et dit « mais si quelquun revient du séjour des morts et va les trouver, ils changeront. »

Avec la résurrection de Lazare, frère de Marthe et Marie, il serait juste de penser que cela va toucher le cœur de l’homme et lui éviter de finir dans un lieu de tourments. Pour certains, c’est ce qui arrive. Pour d’autres, non !

Car si une multitude de Juifs apprend que Jésus est à Béthanie et vient, non pas seulement à cause de lui, mais aussi pour voir Lazare, qu’il a ressuscité des morts, les principaux sacrificateurs, ceux qui sont sensés connaître la Loi sur le bout des doigts (Matthieu 23:2) sont en colère et désirent faire mourir Jésus qui a accompli la vérité des Ecritures. Les religieux connaissent intellectuellement les Ecritures  mais elles ne sont pas gravées dans leurs cœurs.

Aussi, afin de ne pas perdre leurs privilèges, ils décident que Jésus doit mourir. Lazare aussi doit mourir car sa résurrection éloigne les Juifs des chefs du peuple, des pharisiens, des docteurs de la Loi, qui vivent de la Loi, vidée de sa substance, par avidité, par cupidité (Matthieu 23:3-5).

Le Royaume de Dieu s’est approché d’eux et ils l’ont rejeté préférant les richesses de ce monde éphémère.

Ils ont de même tout fait pour empêcher les pauvres d’entrer dans le Royaume de Dieu, comme le dit Jésus dans l’Evangile selon Matthieu « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. » (Matthieu 23:13)

Ici, il est facile de comprendre que la nature humaine corrompue ne veut pas changer et s’oppose continuellement au Royaume de Dieu.

Comme le rappelle Jésus dans l’Evangile selon Matthieu « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 7:21)

Dans l’Epître aux Galates (3:26), il est écrit « vous êtes fils de Dieu par la foi en Jésus Christ ». La foi authentique en Jésus Christ conduit les chrétiens à vivre selon la volonté de Dieu. Ils sont  fils du Royaume de Dieu. La foi authentique vécue dans cet « ici-bas » fait des chrétiens, les héritiers du Royaume de Dieu dans « l’au-delà ».

C’est pour cela que Jésus dit à Marthe « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui place toute sa confiance en moi, vivra, même s’il meurt. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » Voilà l’espérance du chrétien qui accomplit la volonté du Père.

Les deux récits pourraient se juxtaposer. D’ailleurs, le nom de Lazare n’apparaît que deux fois dans les Evangiles, et ce sont les deux récits qui ont été lus qui rapportent ce nom. Pourquoi prendre le même nom ? Pourquoi Luc et Jean prennent tous deux le nom de Lazare ?

Il serait facile de croire qu’il s’agit du même Lazare.

Si l’on reprend l’idée de la photo « négatif-positif » il apparaît qu’il y a un Lazare « d’en haut » avec Luc, et un Lazare « d’en bas », avec Jean. Il y a un Lazare consolé dans le sein d’Abraham et un Lazare ressuscité par Celui qui est la résurrection et la vie. Ces deux Lazare participent de la même image du royaume de Dieu.

Dans les deux cas, Lazare est avec Celui qui détient la vie, la résurrection, le jugement, le salut. Qu’il soit « en haut » ou « en bas », cela ne change rien, Lazare est avec Dieu.

Conclusion

En quoi l’histoire de ces deux Lazare peut nous interpeller aujourd’hui ?

Si nous sommes enfants de Dieu, que nous vivions ou que nous mourrions, nous sommes avec Celui qui est la résurrection et la vie, si, et seulement si, nous accomplissons la volonté de Dieu.

Dieu ne nous a pas demandé de connaître intellectuellement la Loi comme la connaissaient les pharisiens et les docteurs de la Loi auxquels Jésus s’opposaient.

Non, Jésus désire que la Loi vive en nous, nous abreuve, nous nourrisse et alors la vie éternelle commencée « ici-bas » se poursuivra dans « l’au-delà ».

Jésus nous a fait connaître sa puissance, sa force, sa vie, il nous les a données afin que nous en vivions pleinement, que nous ayons sa vie en abondance.

Ce n’est pas arrivé dans « l’au-delà » que l’être humain demandera une faveur à Dieu, c’est « ici-bas », dans ce monde ci qu’il nous faut connaître Dieu, qu’il nous faut agir selon sa volonté.

Jésus est le chemin, la vérité et la vie.

Jésus nous appelle à vivre de sa vie de résurrection.

Il est venu pour nous libérer de nos chaînes, de nos enfermements, et, oserai-je dire, de nos confinements. « Nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. » (Romains 8:37)

Confions-nous en lui, accordons lui confiance comme Marthe et Marie et attendons-nous à le voir agir dans nos vies, dans notre Eglise car nous sommes à lui.

Amen

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