La sécurité est en Christ

Le 25 octobre dernier, pour le culte de la Réformation, il a été parlé de la réforme de Josias. C’est la réforme la plus aboutie du Royaume de Judas.

Pourtant, après sa mort en 608 avant JC, sa réforme apparaît comme superficielle. Les objets de cultes extérieurs ont tous été détruits mais dans les cœurs, rien n’a changé. En apparence, la réforme était spectaculaire, mais la réalité s’est avérée être différente. La réforme ne s’est pas accomplie dans les cœurs et l’idolâtrie est revenue dès que le fils de Josias est monté sur le trône.

L’Eternel avait dit à Josias que le châtiment de Juda n’aurait pas lieu au cours de sa vie. Le châtiment vient moins d’une douzaine d’années après la mort de Josias.

Ce rappel permet de comprendre ce qui arrive à Juda.

Le passage du livre d’Ezéchiel parle d’une main qui tend un rouleau qu’Ezéchiel doit manger.

Si ce passage mérite une explication, il ne faut pas oublier que le livre d’Ezéchiel est un livre prophétique qui concerne le royaume de Juda.

De même, Il est nécessaire de le resituer dans un contexte politique et religieux. Et pour plus de clarté encore, de le resituer dans le contexte immédiat, qui est le châtiment de DIEU à venir.

8 Et toi, fils de l’homme, écoute ce que je vais te dire ! Ne sois pas rebelle, comme cette famille de rebelles ! Ouvre ta bouche, et mange ce que je te donnerai ! 9 Je regardai, et voici, une main était étendue vers moi, et elle tenait un livre en rouleau. 10 Il le déploya devant moi, et il était écrit en dedans et en dehors ; des lamentations, des plaintes et des gémissements y étaient écrits.

1 Il me dit : Fils de l’homme, mange ce que tu trouves, mange ce rouleau, et va, parle à la maison d’Israël ! 2 J’ouvris la bouche, et il me fit manger ce rouleau. 3 Il me dit : Fils de l’homme, nourris ton ventre et remplis tes entrailles de ce rouleau que je te donne ! Je le mangeai, et il fut dans ma bouche doux comme du miel. 4 Il me dit : Fils de l’homme, va vers la maison d’Israël, et dis-leur mes paroles ! 5 Car ce n’est point vers un peuple ayant un langage obscur, une langue inintelligible, que tu es envoyé ; c’est à la maison d’Israël. 6 Ce n’est point vers de nombreux peuples ayant un langage obscur, une langue inintelligible, dont tu ne comprends pas les discours. Si je t’envoyais vers eux, ils t’écouteraient. 7 Mais la maison d’Israël ne voudra pas t’écouter, parce qu’elle ne veut pas m’écouter ; car toute la maison d’Israël a le front dur et le coeur endurci. 8 Voici, j’endurcirai ta face, pour que tu l’opposes à leur face; j’endurcirai ton front, pour que tu l’opposes à leur front. 9 Je rendrai ton front comme un diamant, plus dur que le roc. Ne les crains pas, quoiqu’ils soient une famille de rebelles. 10 Il me dit : Fils de l’homme, reçois dans ton coeur et écoute de tes oreilles toutes les paroles que je te dirai ! 11 Va vers les captifs, vers les enfants de ton peuple ; tu leur parleras, et, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas, tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel.

1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. 2 Elle était au commencement avec Dieu. 3 Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. 4 En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. 5 La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. 6 Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean. 7 Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. 8 Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.

1 - Le contexte politique et religieux

Yoyakin, roi de Juda se souvient de cette même puissance qui a balayé Juda et son père Yoyakim en 606, date à laquelle avait eu lieu la première déportation. Le prophète Daniel faisait partie des déportés.

– En – 701, le roi assyrien Sennachérib avait déjà failli détruire Jérusalem. (Esaïe 37:33-38)

– En – 597, une deuxième déportation du royaume de Juda à lieu sous le règne de Nabuchodonosor. Le prophète Ezéchiel fait partie des déportés.

– En – 586, Jérusalem est brûlée par les Babyloniens. Nabuchodonosor nomme Sédécias comme régent de Juda. Le prophète Jérémie demeure à Jérusalem et prône la soumission à Babylone bien que la cour de Juda soit pro-égyptienne.

Ezéchiel et Jérémie annoncent les mêmes choses de la part de l’Eternel : la désobéissance entraîne le jugement de Dieu.

Suite à la déportation le peuple sombre dans le désespoir.

André Néher, spécialiste de l’AT, écrit à ce sujet :

« Avec Jérémie, la catastrophe atteint la communauté de Jérusalem dans sa chair. Avec Ezéchiel, elle atteint la communauté de l’exil dans son esprit ».

Dieu est intervenu à plusieurs reprises pour sauver Jérusalem et le Temple. Au lieu de considérer la grâce de Dieu, le peuple s’accroche au dogme du Temple de Jérusalem. Il place aveuglément sa confiance dans le Temple et non en Dieu qui habite le Temple. Le Temple est devenu un objet d’idolâtrie.

Comment Dieu pourrait-il laisser détruire le Temple dans lequel il habite ? C’est cette croyance qui égare le peuple qui ne se rappelle plus que Dieu ne peut être contenu dans un Temple, que l’univers entier est son œuvre. L’esprit de ce peuple est aveuglé par un dogme. Cette croyance en la protection du Temple, d’un bâtiment, fait croire au peuple qu’il peut pécher impunément. Les sacrifices continuent, les offrandes continuent mais le cœur de ce peuple s’est détourné de Dieu.

Jérémie rappelle au peuple qu’en idolâtrant le Temple, ses espérances sont trompeuses (Jérémie 7:4).

L’esprit du peuple est aveuglé et ne se souvient pas de la déportation du royaume du Nord cent vingt ans plus tôt par les Assyriens. Mais le royaume du nord n’avait pas le Temple pour les protéger ! Il n’avait pas cette sécurité !

Juda a un comportement hypocrite avec Dieu. Lorsque le malheur arrive, il se tourne vers l’Eternel. Lorsque le malheur est passé, il retourne à son idolâtrie.

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2 - Le contexte de la vision

Le livre d’Ezéchiel débute par « La trentième année » (Ezéchiel 1:1). Cela semble être l’âge du prophète, l’âge auquel, selon le livre des Nombres (Nombres 4:3), les lévites commencent leur service. Ezéchiel est prêtre et fils de prêtre. Il est de la lignée de Tsadoq. Ezéchiel est ancré dans la tradition de la Torah. Mais en exil, il ne peut exercer la fonction sacerdotale.

Ezéchiel devient prophète à Babylone en 593.

Le ciel s’ouvre, alors que le sanctuaire terrestre est détruit, le sanctuaire céleste devient accessible. En terre païenne, le prêtre Ezéchiel vit une chose impensable, il se trouve en présence de la gloire de Dieu. En effet, pour un juif, il est impensable que la gloire de Dieu se révèle ailleurs que dans son Temple, à Jérusalem.

Lorsque la gloire de Dieu se révèle, Ezéchiel, comme d’autres prophètes, est confronté aux éléments (vent, éclair, nuage).

Ezéchiel est ébahi et déconcerté par la vision de la majesté et de la sainteté de DIEU.

cette vision montre la limitation de l’homme, sa finitude face à la grandeur infinie de DIEU.

Ezéchiel tombe face contre terre devant la vision de la gloire de Dieu.

Cette attitude n’est pas sans rappeler la vision de Jean dans l’Apocalypse lorsqu’il tombe aux pieds de Jésus-Christ à cause de la vision qu’il a. (Apocalypse 1:17)

3 - La vision d'Ezéchiel

Après qu’Ezéchiel aie contemplé la gloire divine, DIEU s’adresse à lui en le nommant « fils d’homme », ce qui signifie « être humain ».

Cette appellation situe encore l’homme face au divin et lui rappelle sa place, sa finitude. Cela indique aussi la responsabilité de l’homme qui est appelé à un ministère spécifique de la part de Dieu.

Ici, contrairement au chapitre un, Ezéchiel est appelé à se tenir debout. En effet, la Parole se reçoit debout, à l’écoute. Et c’est l’Esprit qui entre en lui qui le fait se tenir debout car qui peut se tenir debout et à l’écoute de l’Eternel si ce n’est par son Esprit ?

Ezéchiel devient le messager de Dieu, il est envoyé par Dieu afin de parler au peuple.

Le message de Dieu devient le message d’Ezéchiel.

Ezéchiel est désormais responsable d’un message, dont il ne peut se dégager qu’en l’annonçant fidèlement.

L’Esprit (ruah) se complète par la Parole (davar). 

L’usage de la Parole est au service de l’Esprit ».

Ezéchiel est appelé par l’Esprit et envoyé avec la Parole.

Dans le sanctuaire céleste, Ezéchiel reçoit un rouleau qu’il doit manger. Ce rouleau est écrit sur les deux faces, ce qui est inhabituel. C’est dire l’ampleur des péchés de Juda pour qu’ils ne tiennent pas sur une face ! C’est aussi dire l’ampleur du jugement divin !

Ce rouleau est d’abord comme du miel dans sa bouche, c’est-à-dire une nourriture agréable pour qui le reçoit favorablement de la part de DIEU.

Désormais Ezéchiel ne parle plus de lui-même mais de la part de Dieu et rappelle au peuple les exigences de la Loi.

Dès le chapitre deux, le jugement sur Juda se révèle. La rébellion, la révolte, le péché constant, l’idolâtrie et l’hypocrisie de ce peuple sont devenus insupportables aux yeux de Dieu.

Dans le livre du Deutéronome au chapitre 28, les bénédictions et les malédictions sont énoncées en fonction de la fidélité du peuple de Dieu. Ici, ce ne sont que malédictions qui apparaissent car le peuple s’est montré infidèle, a désobéi à la Loi donnée par Dieu lors de l’Alliance faite avec lui au Mont Sinaï avec Moïse.

Le peuple s’est révolté contre son Seigneur, contre celui qui lui a donné le pays promis, qui l’a guidé sans relâche.

Ezéchiel est appelé à être fidèle à Dieu. « Ne sois pas rebelle comme cette communauté ». Ezéchiel obéit à Dieu et mange le rouleau.

Si Dieu demande une obéissance, une fidélité parfaite, c’est qu’il sait que la mission assignée à Ezéchiel est loin d’être facile. En effet, Dieu sait que c’est vers un peuple au cœur insensible qu’Ezéchiel est envoyé.

Et Dieu va plus loin. Il annonce à Ezéchiel que la communauté d’Israël ne l’écoutera pas, que s’il l’envoyait auprès d’un peuple inconnu, qui parlerait une langue qu’il ne connaît pas, ce peuple l’écouterait. Le constat est posé : le peuple que Dieu s’est choisi est ingrat et ne veut plus écouter ce que le Dieu de gloire et de bonté veut lui dire. La communication est rompue. Dieu, dans sa grâce, envoie un prophète pour leur parler.

Dieu ne les abandonne pas, ne se lasse pas, et veut les prévenir du jugement qui va s’abattre sur eux.

4 - Quel constat pour Ezéchiel ?

Ezéchiel, prêtre et prophète, est surpris que Dieu se révèle en dehors du Temple de Jérusalem, que Dieu se révèle dans un pays impur, que Dieu vienne à la rencontre de son peuple dans ce pays. Comment concevoir que le Dieu pur se révèle dans un pays impur ? Cela n’est pas sans rappeler la vision de Pierre lorsqu’il voit la nappe descendre et que Dieu lui dit « ce que Dieu a déclaré pur, ce n’est pas à toi de le considérer comme impur » (Actes 10:15).

La Révélation est interne au peuple de Dieu. Ezéchiel est la sentinelle de Dieu au milieu des exilés, il est celui qui annonce le châtiment de Dieu. Il est envoyé vers un peuple au cœur dur, imperméable, qui ne veut pas se repentir malgré la déportation, la destruction du Temple. Il se plaint d’être abandonné alors qu’il est responsable de son état. L’aveuglement est tel que Dieu prévient Ezéchiel qu’ils n’écouteront pas son message. Cependant, Dieu équipe Ezéchiel afin qu’il puisse remplir sa mission auprès de « cette foule de rebelles qui se sont révoltés contre Dieu. » (Ezéchiel 2:3)

5 - Quel constat pour le peuple de Dieu ?

Ce passage du livre d’Ezéchiel est important car il montre quelle est la patience de Dieu avant de juger l’infidélité, la rébellion. Le peuple est confronté à la réalité d’un nouvel exode, de la destruction de Jérusalem et de son Temple. Et pourtant … il ne veut pas se repentir. Dieu le sait, Ezéchiel maintenant le sait. Il va devoir annoncer le jugement à ce peuple qui ne veut rien entendre, qui ne veut rien changer. Dieu ne peut laisser son peuple dans un tel état de médiocrité, d’inhumanité, d’orgueil, de rébellion.

Ce peuple croit pouvoir gérer sa destinée seul, sans Dieu. Combien de fois Dieu a-t-il pardonné au nom de son Alliance éternelle, combien de fois le peuple a bafoué cette Alliance d’amour.

Bien qu’il ne s’agisse que du début du livre où le châtiment est annoncé, il est certain que Dieu veut encore et toujours faire grâce. Dieu envoie toujours un « fils d’homme » prévenir les siens, Dieu utilise le langage humain avant d’agir en actes divins.

Ce peuple est obstiné et Dieu le sait depuis bien longtemps. Toute l’histoire de ce peuple est racontée dans les livres historiques de Samuel, des Rois et des Chroniques. Tous ces livres parlent de chute et de restauration. Puis les livres des prophètes annoncent la rédemption du peuple, le Rédempteur attendu, espéré.

6 - Quel constat pour le peuple de Dieu aujourd'hui ?

Aujourd’hui, bien des siècles ont passé mais le cœur de l’homme n’a pas changé. Les objets d’adoration ont changé, l’environnement a changé, la technologie est apparue, mais la rébellion est toujours présente.

L’homme veut se faire un nom, comme à Babbel. Le Nom de Dieu n’est plus accepté. Tout comme les prophètes de l’Ancien Testament qui rappelaient sans cesse la Parole de Dieu et qui annonçaient le châtiment, les chrétiens engagés qui proclament la Parole de Dieu sont moqués, traités de réactionnaires.

Les Eglises sont quasiment vides, nul ne veut entendre les Paroles de la Bible, la Loi de Dieu.

Pourtant, dans son Alliance, Dieu a toujours voulu le meilleur pour l’homme. Mais l’homme croit savoir ce dont il a besoin et tourne le dos à Dieu, se prive de sa bonté, de son amour, de sa grâce.

Dieu est allé encore plus loin que du temps d’Ezéchiel. Ce n’est pas un simple prophète qu’il a envoyé, c’est son propre Fils, son bien-aimé, celui en qui il a mis toute son affection. Mais la dureté du cœur de l’homme l’a conduit à crucifier l’Amour et la Justice incarnés !

2000 ans se sont écoulés et si nous disons que le royaume de Dieu s’est approché de nous, que nous sommes dans le « déjà » et le « pas encore », nous savons que nous devons travailler à proclamer la Parole de Dieu quoiqu’il en coûte.

Proclamer la Parole à des gens qui ne veulent pas écouter, c’est difficile, mais être des témoins vivants, c’est aussi difficile car nul ne marche sans faire de faux pas. Nous pouvons avoir fait 1000 choses bonnes, c’est souvent la seule que nous avons ratée qui est retenue.

Nous savons pertinemment que la grâce et le jugement de Dieu se côtoient. Le jugement, parce que Dieu est juste, la grâce, parce que Dieu pardonne à celui qui se repent.

Ezéchiel a été la « bouche de Dieu » lors de l’exil de Juda. Les péchés de Juda étaient trop grands pour que Dieu en supporte davantage. Juda n’était pas sans être prévenu mais il croyait être à l’abri du Temple.

Bien des chrétiens se sentent à l’abri, non du Temple, mais du nom de Jésus. Mais en réalité, c’est EN Jésus qu’il faut être, c’est EN lui que sont toutes les promesses, c’est EN lui qu’est la vie éternelle.

Dieu ne cherche pas des chrétiens de nom mais des chrétiens engagés. Le psalmiste le rappelle, « Ta Parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier. » (Ps 119:105)

Dieu s’adresse toujours et encore à son peuple afin qu’il change, qu’il se purifie de l’intérieur.

Toute réforme extérieure qui ne devient pas intérieure est vouée à l’échec.

Conclusion

La réforme extraordinaire de Josias s’est soldée par un retour à l’idolâtrie. Son cœur était tourné vers Dieu et beaucoup de ceux qui le côtoyaient aussi. Mais la plupart des gens se sont pliés à sa réforme de son vivant et ont repris leurs mauvaises habitudes dès qu’il est mort, à commencer par son fils.

La réforme de Luther et de Calvin a porté du fruit dans une bonne partie de l’Europe. Beaucoup ont été persécutés pour leur foi et ont connu la mort, et la mort violente. Avec le temps, la réforme n’a gardé que des églises, des murs pour bien des gens. Certains tiennent à ses édifices religieux, comme du temps d’Ezéchiel ou le peuple se confiait dans le Temple. Mais la sécurité n’est pas dans les pierres, dans des lieux dits saints.

La sécurité est en Dieu et en Christ qui nous a accordé le pardon des péchés par sa mort et sa résurrection.

Le Christ nous a conduits de la rébellion à la réconciliation.

De fait, réconciliés avec Dieu, nous ne pouvons être rebelles.

Aujourd’hui, bien que nous ne soyons pas unis dans l’Eglise de Meaux, nous sommes unis dans l’Eglise Universelle.

Que la Parole sanctifie chacun d’entre nous et nous conduise dans le sentier de la justice et de l’amour par le Saint-Esprit car nous sommes le Temple de Dieu. Soyons des témoins vivants qui accomplissent la volonté de Dieu.

Amen.

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